
La croissance de la demande alimentaire mondiale va se poursuivre. André Souteyrat, chef du service veille, études et prospective à la Chambre régionale d’agriculture a brossé un tableau assez complet de la situation mondiale à l’horizon 2030. Croissance liée d’une part à une augmentation de la population et d’autre part à l’élévation du niveau de vie dans certaines régions du monde, ce qu’il est convenu d’appeler les pays émergents.
Des obstacles
Un constat qui pourrait prêter à l’optimisme en Bretagne s’il n’y avait pas un certain nombre d’obstacles à se dresser. Le secteur de la volaille a dû réduire considérablement la voilure ces dernières années face à la concurrence, le porc connaît aujourd’hui une des crises les plus difficiles depuis 30 ans, essentiellement liée à l’envolée du coût des matières premières, subissant en outre de nombreuses distorsions (farines animales, OGM, environnement).
Les responsables expriment par ailleurs des doutes sur l’évolution de la Pac, des négociations à l’OMC qui pourraient de nouveau réduire les soutiens et les protections aux frontières, ou encore sur l’environnement.Olivier Allain, le président de la Chambre, ne cache pas ses craintes pour l’avenir de l’élevage.
Pourtant André Souteyrat estime qu’il va y avoir une vraie demande en protéines animales. « Il faut répondre à toutes les demandes des consommateurs, et ceci sans état d’âme, quand, dans le même temps, on utilise du végétal pour la production de biocarburants ». Persuadé que l’Europe peut encore jouer un rôle dans l’agroalimentaire mondial si les politiques veulent bien s’en donner les moyens. Il dénonce la dérive néolibérale de la commission européenne, face aux faux libéraux que sont les Australiens ou les Américains. « Ce sont des protectionnistes sur leurs propres marchés qui font tout pour aller sur les marchés des autres ».
Restructuration lente
D’autres points ont de nouveau été mis en évidence dans l’intervention et lors du débat. D’abord la difficulté pour les filières agroalimentaires françaises et bretonnes en particulier à accélérer leur restructuration. « On prend du retard » note Paul Auffray. Constatant que dans les pays du Nord (Danemark, Pays-Bas), les acteurs se posent moins de questions éthiques que les filières bretonnes, notamment celles qui sont sous le contrôle des coopératives.
De son côté Alain Tiengou doute que des filières sinistrées soient attrayantes pour des jeunes. « Le renouvellement des hommes pourrait s’avérer difficile ». L’avenir du secteur de l’élevage est selon lui tributaire de la Pac et des outils qui seront mis à sa disposition (gestion de marchés, soutiens). Il s’étonne que l’on ne parle que de gestion des risques sanitaires et climatiques et des risques économiques.
Au final, si la technicité des éleveurs bretons n’est pas en cause, le contexte actuel n’apparaît pas très rassurant pour les responsables. La mondialisation présente certes l’avantage d’ouvrir de nouvelles perspectives mais contraint aussi à s’affronter à d’autres opérateurs, à d’autres modèles de production plus industriels, à de nouveaux acteurs. La lutte est le plus souvent sans pitié. Sans oublier un consommateur et un citoyen à l’attitude déroutante. Car ainsi que l’a souligné le Préfet, « on est face à une société qui vit dans une sorte de rêve écologique, dont les attentes vis-à-vis de l’agriculture ne vont pas obligatoirement vers de la performance ».
Pierre Dénès
Photo : De gauche à droite, Monique Le Clézio, vice-présidente du Conseil général, Philippe Rey, préfet, Olivier Allain, président de la Chambre, Stéphane Gouaut, directeur, et Jean Noël Sidaner, vice-président.
Des obstacles
Un constat qui pourrait prêter à l’optimisme en Bretagne s’il n’y avait pas un certain nombre d’obstacles à se dresser. Le secteur de la volaille a dû réduire considérablement la voilure ces dernières années face à la concurrence, le porc connaît aujourd’hui une des crises les plus difficiles depuis 30 ans, essentiellement liée à l’envolée du coût des matières premières, subissant en outre de nombreuses distorsions (farines animales, OGM, environnement).
Les responsables expriment par ailleurs des doutes sur l’évolution de la Pac, des négociations à l’OMC qui pourraient de nouveau réduire les soutiens et les protections aux frontières, ou encore sur l’environnement.Olivier Allain, le président de la Chambre, ne cache pas ses craintes pour l’avenir de l’élevage.
Pourtant André Souteyrat estime qu’il va y avoir une vraie demande en protéines animales. « Il faut répondre à toutes les demandes des consommateurs, et ceci sans état d’âme, quand, dans le même temps, on utilise du végétal pour la production de biocarburants ». Persuadé que l’Europe peut encore jouer un rôle dans l’agroalimentaire mondial si les politiques veulent bien s’en donner les moyens. Il dénonce la dérive néolibérale de la commission européenne, face aux faux libéraux que sont les Australiens ou les Américains. « Ce sont des protectionnistes sur leurs propres marchés qui font tout pour aller sur les marchés des autres ».
Restructuration lente
D’autres points ont de nouveau été mis en évidence dans l’intervention et lors du débat. D’abord la difficulté pour les filières agroalimentaires françaises et bretonnes en particulier à accélérer leur restructuration. « On prend du retard » note Paul Auffray. Constatant que dans les pays du Nord (Danemark, Pays-Bas), les acteurs se posent moins de questions éthiques que les filières bretonnes, notamment celles qui sont sous le contrôle des coopératives.
De son côté Alain Tiengou doute que des filières sinistrées soient attrayantes pour des jeunes. « Le renouvellement des hommes pourrait s’avérer difficile ». L’avenir du secteur de l’élevage est selon lui tributaire de la Pac et des outils qui seront mis à sa disposition (gestion de marchés, soutiens). Il s’étonne que l’on ne parle que de gestion des risques sanitaires et climatiques et des risques économiques.
Au final, si la technicité des éleveurs bretons n’est pas en cause, le contexte actuel n’apparaît pas très rassurant pour les responsables. La mondialisation présente certes l’avantage d’ouvrir de nouvelles perspectives mais contraint aussi à s’affronter à d’autres opérateurs, à d’autres modèles de production plus industriels, à de nouveaux acteurs. La lutte est le plus souvent sans pitié. Sans oublier un consommateur et un citoyen à l’attitude déroutante. Car ainsi que l’a souligné le Préfet, « on est face à une société qui vit dans une sorte de rêve écologique, dont les attentes vis-à-vis de l’agriculture ne vont pas obligatoirement vers de la performance ».
Pierre Dénès