
S i les cotations des œufs ont été plutôt médiocres de 2004 à 2006, l'année 2007 a été correcte avec une cotation moyenne de 6,22 euros/100 œufs. Les premiers mois de 2008 ont bien démarré avec une moyenne de 6,74 euros/100 œufs, avec un léger tassement actuellement. Malgré cette conjoncture favorable, la filière souffre de la hausse du prix de l'aliment. De fin 2006 au premier trimestre 2008, l'aliment ponte a augmenté de 47 %. C'est le poste de charge le plus lourd dans le prix de revient de l'œuf.
315 œufs/poule
En France, la production d'oeufs a baissé de 3,4 %, en 2007. "La même tendance est observée dans les mises en place début 2008 (-1,8 %), mais la durée des bandes se rallonge, si bien que la production se maintient", explique Jean-Marc Le Franc, responsable œufs de Coopagri lors de l’assemblée générale de la section. Les Pays- Bas se distinguent avec une forte augmentation de leur production (+4,6% en 2007).
Avec l'allongement de la durée d'élevage, une génétique plus diversifiée et les progrès réalisés en alimentation, les résultats techniques s'améliorent chez les éleveurs de poules en cages (315 œufs/poule). "Nous allons poursuivre dans cette voie d'amélioration technique et essayer de valoriser encore mieux les œufs, en répartissant davantage les risques dans nos débouchés", souligne André Chouan, président de la section œuf de Coopagri. L'œuf de plein air est actuellement un créneau porteur qui sera développé.
La directive bien-être préoccupe la filière. Selon cette réglementation, tous les éleveurs devront, au 1er janvier 2012, être équipées de cages aménagées (surface de 750 cm2/poule avec nid, grattoir, perchoir…). "Malgré le retard de 3 ans dans la remise du rapport d'étape, il est illusoire de penser à une remise en cause de la directive", explique Gilles Guillaume de l'UGPVB. Tout au plus, les producteurs espèrent un report de 3 ans de l'échéance de 2012.
Une hausse dans la durée
La hausse des matières premières fait planer quelques incertitudes sur l'avenir des filières animales. "2007 marque une rupture, rien ne sera jamais comme avant". Pour Patricia Le Cadre, directrice adjointe du Cereopa, "la hausse des matières premières s'inscrit dans la durée, compte tenu de l'augmentation de la démographie mondiale, du changement climatique, de la fin de l'économie pétrolière et de la hausse de la demande en agrocarburant".
"Il est difficile d'avoir une vision à long terme. La hausse va se poursuivre ainsi que la volatilité des cours", estime P. Le Cadre. Les filières animales vont devoir gérer des matières premières coûteuses. Disposera-t-on de suffisamment de terres ? "Il existe des réserves de productivité en dehors de l'Union européenne mais il va falloir gérer la rareté et affecter les terres à ce qui est économiquement le plus efficace, ce qui nécessitera plus d'outils d'aides à la décision", estime l'économiste.
Un observatoire des prix
La hausse des matières premières explique-t-elle la crise des productions animales ? Pour Patricia Le Cadre, "c'est plutôt la non-répercussion de cette hausse sur le prix de vente des denrées animales. En Europe, on ne veut pas répercuter la hausse des prix des matières premières sur les produits agricoles, contrairement aux autres pays. Nous avons besoin d'un observatoire
des prix".
"Malgré quelques handicaps liés à la parité monétaire et aux désavantages concurrentiels, (interdiction des OGM et des farines animales), nous avons quelques atouts", résume Patricia Le Cadre. Les réserves en eau sont suffisantes, la productivité est bonne, l'industrie de l'alimentation animale est performante, les matières premières sont disponibles avec un faible coût de transport et nous avons à notre porte, un marché solvable de 500 millions de consommateurs.
Patrick Bégos
Photo : André Chouan, président de la section œufs de Coopagri Bretagne (à droite) et Jean-Marc Le Franc, responsable.
315 œufs/poule
En France, la production d'oeufs a baissé de 3,4 %, en 2007. "La même tendance est observée dans les mises en place début 2008 (-1,8 %), mais la durée des bandes se rallonge, si bien que la production se maintient", explique Jean-Marc Le Franc, responsable œufs de Coopagri lors de l’assemblée générale de la section. Les Pays- Bas se distinguent avec une forte augmentation de leur production (+4,6% en 2007).
Avec l'allongement de la durée d'élevage, une génétique plus diversifiée et les progrès réalisés en alimentation, les résultats techniques s'améliorent chez les éleveurs de poules en cages (315 œufs/poule). "Nous allons poursuivre dans cette voie d'amélioration technique et essayer de valoriser encore mieux les œufs, en répartissant davantage les risques dans nos débouchés", souligne André Chouan, président de la section œuf de Coopagri. L'œuf de plein air est actuellement un créneau porteur qui sera développé.
La directive bien-être préoccupe la filière. Selon cette réglementation, tous les éleveurs devront, au 1er janvier 2012, être équipées de cages aménagées (surface de 750 cm2/poule avec nid, grattoir, perchoir…). "Malgré le retard de 3 ans dans la remise du rapport d'étape, il est illusoire de penser à une remise en cause de la directive", explique Gilles Guillaume de l'UGPVB. Tout au plus, les producteurs espèrent un report de 3 ans de l'échéance de 2012.
Une hausse dans la durée
La hausse des matières premières fait planer quelques incertitudes sur l'avenir des filières animales. "2007 marque une rupture, rien ne sera jamais comme avant". Pour Patricia Le Cadre, directrice adjointe du Cereopa, "la hausse des matières premières s'inscrit dans la durée, compte tenu de l'augmentation de la démographie mondiale, du changement climatique, de la fin de l'économie pétrolière et de la hausse de la demande en agrocarburant".
"Il est difficile d'avoir une vision à long terme. La hausse va se poursuivre ainsi que la volatilité des cours", estime P. Le Cadre. Les filières animales vont devoir gérer des matières premières coûteuses. Disposera-t-on de suffisamment de terres ? "Il existe des réserves de productivité en dehors de l'Union européenne mais il va falloir gérer la rareté et affecter les terres à ce qui est économiquement le plus efficace, ce qui nécessitera plus d'outils d'aides à la décision", estime l'économiste.
Un observatoire des prix
La hausse des matières premières explique-t-elle la crise des productions animales ? Pour Patricia Le Cadre, "c'est plutôt la non-répercussion de cette hausse sur le prix de vente des denrées animales. En Europe, on ne veut pas répercuter la hausse des prix des matières premières sur les produits agricoles, contrairement aux autres pays. Nous avons besoin d'un observatoire
des prix".
"Malgré quelques handicaps liés à la parité monétaire et aux désavantages concurrentiels, (interdiction des OGM et des farines animales), nous avons quelques atouts", résume Patricia Le Cadre. Les réserves en eau sont suffisantes, la productivité est bonne, l'industrie de l'alimentation animale est performante, les matières premières sont disponibles avec un faible coût de transport et nous avons à notre porte, un marché solvable de 500 millions de consommateurs.
Patrick Bégos