
L'avantage du nouveau système est de pouvoir travailler chez soi. Une bonne partie du parcours est individualisée et correspond vraiment à des besoins personnels" déclare Romuald, en phase d'installation à La Trinité Langonnet, en Gaec avec deux tiers sur une exploitation laitière. Exit les stages de réflexion et d'élaboration du projet d'une dizaine de jours en regroupement. Le parcours est désormais individualisé. La première étape consiste en un auto-positionnement par rapport à un référentiel sur le métier d'agriculteur. Ce référentiel correspond aux exigences du BPREA. "Ce diagnostic sur mes acquis et mes lacunes , je l'ai réalisé, seul, chez moi. Ensuite, lors d'un entretien avec un conseiller de la Chambre d'agriculture, nous avons, au vu de ces éléments, élaboré un parcours de formation".
Les candidats à l'installation envisagent alors des formations, qualifiantes ou non, des stages pratiques, voire du salariat en fonction de leurs besoins. Les formations vont de la comptabilité, à la politique agricole commune en passant par l'environnement ou la commercialisation. Pour Romuald, titulaire d'un BPREA obtenu en formation continue à St Ségal, et fort de ses six années d'expérience de vacher de remplacement au Seremor, les besoins étaient minimes. "Comme je m'installe en société, j'ai réalisé une formation sur les relations humaines et sur les aspects juridiques. Ces formations d'une journée sont très intéressantes". Ces formations lui étaient imposées pour valider le Plan Personnalisé de Professionnalisation par la section installation de la CDOA.
L'étude économique prévisionnelle à domicile
"Je devais également faire l'étude économique prévisionnelle de mon projet. J'ai choisi de le faire chez moi, sur ordinateur, avec l'appui à distance du conseiller de la Chambre" poursuit Romuald. CD Rom ou internet, les futurs installés peuvent effectuer leur étude chez eux s'ils sont équipés en informatique ou à l'antenne locale de la Chambre. Cette étude prévisionnelle est ensuite validée en CDOA pour l'obtention des aides à l'installation. "Réaliser soi-même l'étude permet de s'approprier les chiffres et de connaître la rentabilité du projet. Les outils de formation à distance permettent également de revoir les bases de la gestion d'entreprise".
Au total, Romuald a passé une trentaine d'heures sur son ordinateur personnel. Autant de séances collectives en centre de formation en moins. Les regroupements ne sont pas totalement supprimés. "J'ai tout de même passé quelques journées à Kerel". Moins de regroupements, en tout cas, que dans l'ancien dispositif. La simplicité de la formule, l'individualisation du parcours et surtout la possibilité de travailler sur le projet à domicile ont séduit Romuald. Il confesse néanmoins que le dispositif reste un passage obligé, qu'il aurait volontiers évité s'il n'y avait la promesse des aides et subventions.
Le dispositif ouvert aux "installations non aidées"
Le nouveau parcours est ouvert à tous les porteurs de projet, qu'ils demandent les aides ou pas. Le financement du dispositif, et notamment les formations dispensées, est pris en charge par le Vivea. Depuis la mise en place du nouveau parcours, il y a moins d'un an, quelques porteurs de projet non aidé ont suivi le dispositif. "L'objectif est de suivre et de conseiller un maximum de personnes, qui dans l'ancienne formule, n'étaient pas connus de nos services" déclare Sébastien Clozel, conseiller à la Chambre d'agriculture qui pense qu'à terme 50% des "Installations non aidées" pourraient ainsi bénéficier d'un soutien. Et éviter peut être les échecs liés à des projets mal étudiés et peu rentables.
Bernard Laurent
Photo : Romuald Micout, 34 ans, s'installe en Gaec à La Trinité Langonnet avec deux tiers après un parcours salarié à l'arsenal de Brest et au Seremor.