
Lors de l'assemblée générale du GDS (Groupement de défense sanitaire) d'Ille-et-Vilaine, Marcel Thomsin, éleveur laitier dans la province de Liège (Belgique), est venu témoigner sur la contamination de son troupeau par la FCO (Fièvre catarrhale ovine). "Les premiers symptômes sont apparus en septembre 2006, sur une vache qui a eu une fièvre de lait au vêlage. Le veau était viable, mais la vache a eu du mal à se remettre et sa production a fortement baissé", se rappelle l'éleveur qui exploite un quota de 970 000 L en 2008, sur une surface de 92 ha (3 associés).
29 bêtes à l’équarrissage
"Nous avons ensuite rencontré des problèmes de fertilité entre octobre et décembre 2006. A la mi-juillet 2007, grosse période de vêlages sur l'élevage, les naissances se produisaient 8 – 10 jours avant la date prévue. Les veaux naissaient chétifs. En septembre, un veau est même né contaminé par la FCO. En 2007, 29 bêtes ont été envoyées à l'équarrissage. Et nous avons eu 10 à 15% de production laitière en moins. En Belgique, la vaccination est obligatoire. Je pense que c'est une bonne chose", souligne Marcel Thomsin.
En France, la vaccination sera facultative. "Les éleveurs et les vétérinaires doivent toutefois montrer leur détermination pour que la totalité des animaux soit vaccinée avant la fin août en Bretagne. Nous devons faire pression face au virus. En novembre 2007, l'Ille-et-Vilaine a été touchée par un cas de FCO. Le département doit se préparer à une année 2008 un peu plus compliquée ", a déclaré Gilles Lavollée, président du GDS 35, précisant que la vaccination ne pourra pas commencer avant juillet-août prochains dans notre région. "L'UE et l'Etat français financeront le vaccin en totalité et la moitié de l'acte s'il est réalisé par le vétérinaire". Le président rappelle la position des organisations professionnelles agricoles bretonnes de "vaccination par l'éleveur".
Outre la vaccination, les GDS ont évoqué la désinsectisation, visant à lutter contre les moucherons piqueurs, vecteurs de la maladie. "Les produits existants sont tous de la même famille et nous n'avons pas encore la preuve de leur efficacité. Nous attendons des données de terrain pour mieux connaître le rapport coût/bénéfice. Les problèmes de résidus et de résistance ne sont pas à négliger".
Caisse nationale
Les responsables du GDS ont expliqué le fonctionnement de la caisse nationale solidarité santé animale, un dispositif mutualiste entre tous les départements, mis en place début 2008. "La cotisation (0,50 euro/bovin et 0,10 euro/ovin), facultative en Bretagne, a toutefois atteint un très fort taux. 20 millions d'euros vont être redistribués aux éleveurs atteints en 2007 en France".
Agnès Cussonneau
Photo : De gauche à droite : Philippe Hercouët (Directeur départemental des Services Vétérinaires), Gilles Lavollée (président GDS 35) et Eric Borius (directeur GDS 35).