
Quelles sont les priorités du Conseil général en matière d'agriculture ?
Elles sont à la hauteur de ce que représente l'agriculture pour le département du Finistère, à la fois par ce qui se trouve en amont et en aval. Je dis régulièrement que l'emploi agroalimentaire n'existe que parce que l'agriculture est puissante. Avec cet avantage que l'emploi industriel est réparti sur tout le territoire.
Nous avons donc besoin d'une agriculture puissante, c'est-à-dire qui produit, qui est viable économiquement. Ce qui suppose une autre priorité : le maintien d'un potentiel de production.
L'agriculture durable, c'est aussi le renouvellement des générations ?
Bien entendu. Notre souci est l'installation des jeunes et, plus exactement, comment, dans une agriculture qui a tendance à se concentrer, on peut rendre accessible l'installation des jeunes.
Nous avons un dispositif d'aide à l'installation des jeunes. Nous intervenons d'abord au niveau de la formation (aide à l'enseignement agricole) et nous poursuivons notre soutien au niveau de la DJA à laquelle nous contribuons financièrement.
Reste que l'on a de moins en moins de jeunes à s'installer, entre autres car les structures agricoles sont lourdes. Nous essayons de faire partager cette préoccupation par les organismes qui prennent les décisions sur les transferts de propriété. Et sur ce point, nous ne sommes pas toujours d'accord avec la politique de la Chambre d'agriculture dont nous ne partageons pas les bilans qui sont faits en matière d'installation dans le Finistère. Nous pensons que, parfois, on donne priorité à des agrandissements alors que l'on pourrait installer des jeunes.
L'environnement est une valeur forte dans vos programmes d'aides à l'agriculture…
Le soutien à l'agriculture se fait dans un cadre qui nous permet de respecter l'environnement, dont la qualité des eaux. L'année écoulée, nous nous sommes inscrits dans le travail mené par la Chambre régionale pour une agriculture pérenne destinée à aider les agriculteurs à reconquérir la qualité de l'eau. Aujourd'hui, nous sommes toujours sur cette préoccupation-là
Je dois cependant rappeler que le Département n'est pas autonome dans le choix de ses aides. Celles-ci doivent s'inscrire dans le dispositif national ou régional d'aides à l'agriculture, ou dans le cadre de mesures européennes eurocompatibles. Pour ce qui est des mesures agroenvironnementales, dans le Finistère, nous sommes plutôt dans le cadre national du développement rural ou dans le cas régional du développement rural. Ensuite, nous pouvons choisir celles que nous préférons.
Justement, quelles aides sont privilégiées ?
Pour sa part, le Finistère préfère aider l'agriculture biologique, les systèmes fourragers autonomes en intrants : deux possibilités qui sont dans le panel des aides. Car nous estimons qu'il s'agit là d'une prévention avant que l'on se fasse taper sur les doigts par Bruxelles.
C'est pourquoi je préfère encourager les mesures qui vont dans le sens de la protection de l'environnement qui s'impose à tous. Et rappelons-nous de ce dont on a parlé pendant le Grenelle de l'environnement, si ce n'est de la diminution de l'usage des pesticides. On est là dans le même état d'esprit que la mise aux normes des élevages que nous avons accompagnée. Entre autres au niveau du traitement de lisier tout en mettant des seuils de taille, notamment pour mutualiser les aides dans le but d'aider les plus petits à se mettre aux normes.
Que fait le Conseil général en matière d'énergie, sujet de grande préoccupation pour certaines catégories d'agriculteurs ?
Le Département n'est pas en première ligne sur ce dossier de l'énergie. Cependant, nous voulons y travailler, plus sur des missions qui sont des missions d'aménagement du territoire (logement, transport).
Mais nous avons aussi un programme d'aides "aux économies d'énergie à la ferme", si l'on peut dire. Car la priorité est de travailler les économies d'énergie, que ce soit au niveau des engins agricoles (tracteurs) ou des bâtiments d'élevage. Tout un travail est également à réaliser au niveau des serres, que ce soit en matière d'économies et de recherche de solutions alternatives.
L'espace rural peut aussi être un fournisseur important d'énergie. Je pense d'abord au bois-énergie, sachant qu'en parallèle il y a une politique de bocage et d'entretien des talus. Au niveau du Conseil général, nous intervenons en contribuant au financement du matériel de broyage, des chaudières…
En revanche, nous ne sommes pas forcément très chauds sur les agrocarburants sachant, en plus, que la Bretagne n'a pas le sol pour cela.
Par contre, nous devons nous intéresser à un gisement que l'on n'a pas forcément exploité jusqu'ici : le solaire. Au regard des surfaces de bâtiments agricoles, il y a certainement là une voie à explorer.
Recueilli par D. Le Du