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La valeur énergétique, qui s'exprime en UFL, est
l'une des composantes de la valeur alimentaire d'un fourrage. Elle
correspond à la valorisation d'un kilo de matière sèche en performance de
production laitière. Des différences de valeur énergétique entre hybrides
sont donc intéressantes à valoriser par l'éleveur, puisqu'à même
quantité ingérée, des différences de production laitière ont été
observées.
L'estimation de la valeur énergétique repose sur celle
de la digestibilité de la matière organique. Après avoir simplifié les
méthodes de mesures et confirmé, à l'aide d'expérimentations
zootechniques sur bovins, que les différences de valeurs énergétiques
mises en évidence au laboratoire se traduisaient par des écarts de
performances laitières et de production de viande, la profession a décidé
d'introduire ce nouveau critère pour comparer les variétés destinées à
des récoltes de maïs fourrage. Désormais, la valeur UFL figure aux
épreuves d'inscription au catalogue des variétés de maïs portant la
mention « ensilage ». Elle est retenue comme critère zootechnique de
comparaison des variétés expérimentées en maïs fourrage en réseau de
post-inscription.
Les essais
confirment les différences
Les différences de digestibilité de la matière
organique tout d'abord estimées à partir de tests sur moutons « standards
» fournissaient des premières indications qui méritaient d'être validées
sur gros bovins.
Sept essais zootechniques réalisés sur vaches laitières
et jeunes bovins, entre 1991 et 1996, par l'AGPM et SEPROMA, avec la
collaboration de l'INRA, de l'Institut de l'Elevage et des Chambres
d'Agriculture de la Vendée, du Maine et Loire et de l'Isère, ont permis
de :
- de confirmer que les écarts de valorisation
énergétique entre deux maïs mesurés sur moutons et sur bovins vont dans le
même sens,
- de vérifier que les différences de digestibilité
mesurées au laboratoire se retrouvaient dans les performances de bovins à
haut niveau de production,
- de sélectionner parmi les modèles de prévisions
existants celui qui prévoit le mieux les écarts de valorisation
énergétique. Le choix du modèle s'est effectué à partir des différences
de performances des bovins et des écarts prédits par les modèles proposés.
Valeurs UFL estimées avec le modèle M4
C'est le modèle M4 proposé par Andrieu et Aufrère
(1996) qui s'est avéré être l'un des plus prédictifs. Il a été obtenu à
partir des références de 254 mesures réalisées in vivo (Etude du Club
Digestibilité et de l'INRA). Il prend en compte la digestibilité
enzymatique estimée selon la méthode Aufrère et le dosage de la MAT. Le
modèle 4 a été privilégié en raison du nombre important d'échantillons
utilisés pour les calculs et de sa robustesse vis-à-vis de l'effet année.
Les méthodes de mesure
Les données de DCS, MAT et Matières Minérales sont
déterminées par spectrométrie dans le proche infrarouge (Méthode NIRS) à
partir d'une calibration issue d'échantillons qui ont fait l'objet
d'analyses chimiques, biochimiques et enzymatiques.
Toutes les mesures de valeur alimentaire du Réseau de
Post-inscription ont été confiées au Laboratoire de l1AGPM. Elles
utilisent la calibration de l'université de Libramont (Belgique) qui est
reconnue par l'interprofession comme la calibration de référence en
France sur échantillons issus de produit frais.
Le respect du domaine de validité des prédictions a
conduit à définir des procédures de préparation des échantillons homogènes
et cohérentes avec celles qui ont servi à la calibration. Le séchage du
produit frais est réalisé immédiatement après la récolte et à des
températures inférieures à 60°C (au moins 72 heures pour éliminer toute
l'eau). Les réductions en poudre sont effectuées avec les mêmes types de
broyeurs, de grilles de granulométrie (Gondard, grille 1 mm) et
d'instructions de broyage.
Un critère complémentaire de choix variétal
Ce qui intéresse l'éleveur au moment du choix de
variétés, ce sont les comparaisons de valeur énergétique entre les
hybrides proposés. La concentration en UFL varie selon les conditions de
culture. Les données sont donc présentées dans les synthèses en
pourcentage de la moyenne générale des variétés comparées dans les
regroupements d'essais.
L'information sur les écarts potentiels de valeur
énergétique des variétés de mais complète les critères de choix de
variétés habituellement retenus. Les différences observées sont à pondérer
par les indicateurs de précision des regroupements. Les plus petits écarts
significatifs au seuil 5 % sont de l'ordre de 1 à 2 %. Les résultats de
rendement, de régularité de performances entre les années et les lieux, de
précocité et de tenue de tige sont à considérer simultanément pour définir
les meilleurs compromis.
La valeur énergétique d'un maïs fourrage mériterait
d'être complétée par un indicateur d'ingestibilité pour prendre en
compte les deux paramètres de la valeur alimentaire. Les travaux dans ce
domaine débutent. Il est néanmoins admis que le taux de matière sèche
intervient positivement sur l'ingestibilité.
De plus, connaître la valeur potentielle en UFL ne
dispense par l'éleveur de faire des mesures lors de la mise en silo et en
cours de conservation. En effet, ces informations sont importantes pour
calculer au mieux les rations et estimer les besoins en complémentation.
La connaissance de la proportion des différents constituants de la plante
(amidon, glucides solubles, MAT et teneur en parois cellulaires) et de
leur vitesse de dégradation devrait aussi permettre d'effectuer des
ajustements d'alimentation plus précis.
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fourrage ou grains
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