
Les industries agro-alimentaires sont un véritable atout pour la Bretagne, compte tenu du nombre de salariés, de leur implantation en milieu rural et de leur rôle dans la valorisation de la production agricole. "Dans une économie de plus en plus globalisée, nous subissons de sérieuses contraintes : les marchés évoluent, le coût des matières premières augmente. Nous sommes à la recherche d'une amélioration permanente de notre compétitivité", souligne Christian Tacquard, président de l'ABEA (association bretonne des industries agro-alimentaires). L'ABEA, l'ADEFIA et Coop de France Ouest ont organisé une journée de réflexion sur deux domaines sensibles : les emplois et la formation.
Difficultés de recrutement
Une étude réalisée par Anne Patault de Catalys Conseil a mis en évidence des besoins croissants en compétences nouvelles et de plus en plus élevées, liées à l'évolution de l'organisation du travail, de l'automatisation, des systèmes qualité impliquant l'ensemble des fonctions de l'entreprise.
"Face à ces besoins, il y a des difficultés de recrutement et même une rareté de la main d'œuvre sur plusieurs zones d'emploi", explique Anne Patault. "Nous constatons de fortes disparités des situations selon les métiers, les pratiques des entreprises en matière de ressources humaines et les zones géographiques". Beaucoup d'entre elles ont fait des avancées significatives en matière de gestion des compétences et des ressources humaines mais globalement, cela reste insuffisant.
L'écart persiste entre l'approche des entreprises qui cherchent des compétences et des qualités d'adaptation pour répondre à leurs enjeux à court et moyen terme et l'offre de formation centrée sur des cursus de qualification et des dispositifs de formation très diversifiés, parfois peu lisibles par les entreprises, les jeunes ou les demandeurs d'emploi.
Des projets concrets
"Cette journée doit déboucher sur des projets concrets", déclare Christian Tacquard qui propose de développer des actions locales de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Des réunions seront organisées dès le mois de mai dans les entreprises pour cerner les besoins d'effectifs et de compétences et mettre en place des solutions de formation. Les entreprises doivent aussi renforcer leurs pratiques de gestion des ressources humaines.
Enfin, "pour les métiers sensibles, nous devons mettre en place un nouveau dispositif attractif", estime le président de l'ABEA. "Le système de formation doit être rendu plus lisible et plus attractif, les contenus mieux adaptés pour répondre à l'évolution très rapide des besoins". Les jeunes et les demandeurs d'emploi doivent mieux percevoir l'intérêt des emplois proposés et les cursus de formation nécessaires pour les occuper.
Patrick Bégos
Photo : Dans les industries agro-alimentaires, l'évolution de l'organisation du travail et de l'automatisation crée des besoins en compétences nouvelles.