
A vec plus de 840 agriculteurs, toutes cultures confondues, la filière bretonne des multiplicateurs de semences constitue un maillon important dans l'agriculture régionale. "La semence est un produit de haute technologie qui doit répondre à des exigences qualitatives et quantitatives toujours plus élevées", déclare le président régional Michel Bareault.
De meilleurs prix
Pour les multiplicateurs, l'année 2007 n'a pas été facile. Des conditions climatiques défavorables, des rendements médiocres, des tensions sur les prix ont fait grimper l'inquiétude dans la filière. "L'augmentation des prix des cultures de consommation a secoué la filière de multiplication, car nos prix n'ont pas suivi. En culture classique de consommation, un producteur a moins de travail, moins de soucis et en 2007, une rentabilité équivalente à une culture de porte-graine", poursuit le président.
L'enjeu est de retrouver un prix plus satisfaisant. Le prix de référence interprofessionnel national sert, en cas d'arbitrage, dans un litige entre l'association des multiplicateurs et les établissements. C'est un point d'appui pour les négociations régionales. Des augmentations ont déjà été obtenues fin 2007 pour les semences fourragères et début 2008 pour les légumineuses. Les négociations se poursuivent, pour rattraper le retard.
Cerner les coûts
La rentabilité dépend des prix mais aussi du rendement, très variable au sein d'une même culture : entre 8 et 10 q/ha pour le dactyle, en moyenne 12 q/ha pour le RGA, mais les 15 q/ha sont accessibles. Il faut d'abord bien cerner les coûts de production, notamment le désherbage, les fongicides, les frais de séchage, de traitement anti-limaces…. "S'arrêter à la marge brute, n'est pas suffisant, il faut aussi prendre en compte les charges spécifiques. La récolte est plus longue et nécessite plus de main d'œuvre, il y a aussi les risques climatiques, les cotisations et taxes…", souligne J. Hacquet, animateur régional
"Pour compenser ces charges, il faudrait que la marge brute d'une culture porte-graine soit supérieure de 150 euros/ha à celle d'une culture de consommation". L'autre approche consiste à comparer un assolement complet, avec ou sans culture porte-graine, en tenant compte des atouts qu'elle peut apporter dans un assolement sans fourrages.
La réglementation phytosanitaire
La réglementation phytosanitaire constitue la seconde préoccupation de la filière. Depuis le Grenelle de l'environnement, la restriction d'emploi des produits phytos sur cultures porte-graines s'accélère et la filière semences s'estime menacée. Réduire de moitié la consommation s'avère difficile car la semence doit être indemne de tout.
"Nous demandons à pouvoir assurer une bonne protection phytosanitaire de nos cultures par l'emploi raisonné d'une palette, la plus large possible, de produits homologués, afin de produire des semences de qualité", déclare Bernard Boué, président du Sams 35. Des méthodes alternatives de lutte doivent être mises en place rapidement pour réduire à terme l'emploi de produits phytosanitaires.
"Qu'il s'agisse de la revalorisation des prix ou de la réglementation phyto, il faut réfléchir sur le long terme, trouver des solutions de rémunération pour coller au marché et faire en sorte qu'il n'y ait pas de désaffection de multiplicateurs de semences" ajoute M. Bareault.
Patrick Bégos
Photo : De gauche à droite, Jacques Hacquet, animateur de la Fédération régionale, Michel Bareault, président, Bernard Boué, président du Sams 35.
De meilleurs prix
Pour les multiplicateurs, l'année 2007 n'a pas été facile. Des conditions climatiques défavorables, des rendements médiocres, des tensions sur les prix ont fait grimper l'inquiétude dans la filière. "L'augmentation des prix des cultures de consommation a secoué la filière de multiplication, car nos prix n'ont pas suivi. En culture classique de consommation, un producteur a moins de travail, moins de soucis et en 2007, une rentabilité équivalente à une culture de porte-graine", poursuit le président.
L'enjeu est de retrouver un prix plus satisfaisant. Le prix de référence interprofessionnel national sert, en cas d'arbitrage, dans un litige entre l'association des multiplicateurs et les établissements. C'est un point d'appui pour les négociations régionales. Des augmentations ont déjà été obtenues fin 2007 pour les semences fourragères et début 2008 pour les légumineuses. Les négociations se poursuivent, pour rattraper le retard.
Cerner les coûts
La rentabilité dépend des prix mais aussi du rendement, très variable au sein d'une même culture : entre 8 et 10 q/ha pour le dactyle, en moyenne 12 q/ha pour le RGA, mais les 15 q/ha sont accessibles. Il faut d'abord bien cerner les coûts de production, notamment le désherbage, les fongicides, les frais de séchage, de traitement anti-limaces…. "S'arrêter à la marge brute, n'est pas suffisant, il faut aussi prendre en compte les charges spécifiques. La récolte est plus longue et nécessite plus de main d'œuvre, il y a aussi les risques climatiques, les cotisations et taxes…", souligne J. Hacquet, animateur régional
"Pour compenser ces charges, il faudrait que la marge brute d'une culture porte-graine soit supérieure de 150 euros/ha à celle d'une culture de consommation". L'autre approche consiste à comparer un assolement complet, avec ou sans culture porte-graine, en tenant compte des atouts qu'elle peut apporter dans un assolement sans fourrages.
La réglementation phytosanitaire
La réglementation phytosanitaire constitue la seconde préoccupation de la filière. Depuis le Grenelle de l'environnement, la restriction d'emploi des produits phytos sur cultures porte-graines s'accélère et la filière semences s'estime menacée. Réduire de moitié la consommation s'avère difficile car la semence doit être indemne de tout.
"Nous demandons à pouvoir assurer une bonne protection phytosanitaire de nos cultures par l'emploi raisonné d'une palette, la plus large possible, de produits homologués, afin de produire des semences de qualité", déclare Bernard Boué, président du Sams 35. Des méthodes alternatives de lutte doivent être mises en place rapidement pour réduire à terme l'emploi de produits phytosanitaires.
"Qu'il s'agisse de la revalorisation des prix ou de la réglementation phyto, il faut réfléchir sur le long terme, trouver des solutions de rémunération pour coller au marché et faire en sorte qu'il n'y ait pas de désaffection de multiplicateurs de semences" ajoute M. Bareault.
Patrick Bégos