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LAIT / Durée du tarissement - 8 semaines ou moins… si bonne santé
 
P our réaliser leur référence supplémentaire, certains éleveurs ont joué sur la durée du tarissement. "Réduire le tarissement de 60 à 40 jours permet un gain de 200 à 400 litres de lait par vache selon que la production journalière varie entre 10 et 20 litres", confirme Dominique Jouanne, vétérinaire à la Chambre d'agriculture du Finistère. De là, à se dire que le tarissement d'une durée de 30-40 jours peut devenir la règle, il y a un pas que certains éleveurs peuvent être tentés de franchir. Reste que ce n'est pas si simple.

Gagner d'un côté et perdre de l'autre

"Car ce que l'on gagne d'un côté, on le perd de l'autre", explique D. Jouanne qui s'appuie sur des études ayant montré que "les 200-400 L gagnés la lactation précédente se traduisent par une moindre production lors de la lactation suivante : de l'ordre de 350 L pour une durée de tarissement amputée de 20 jours". Et de compléter : "À Trévarez, nous avons appris à écrêter le pic de production en réduisant la durée de tarissement", technique qui inévitablement se traduit par une moindre production sur l'ensemble de la lactation. Car en pratique, on ne rattrape jamais ce qui n'a pas été produit en début de lactation.
À l'inverse, l'allongement de la durée de tarissement a aussi un impact négatif sur la production. "Si on rallonge la période sèche au-delà de 60 jours, on observe aussi une diminution de la production laitière à la lactation suivante". Explication : souvent les durées de tarissement longues sont associées à un état d'engraissement plus important préjudiciable à l'expression du potentiel laitier de l'animal.
 Ces observations confirment que la durée optimale de tarissement reste, cas général, fixée à 8 semaines. "Car c'est dans cette situation que l'on a le renouvellement tissulaire maximal qui contribue au bon redémarrage de la lactation", résume Dominique Jouanne.

30-40 jours : favorable à la carrière

Reste que cette règle générale peut être nuancée. L'analyse des résultats laitiers sur l'ensemble de la carrière de la vache montre que des tarissements courts sont favorables. "Avec un tarissement de 30-40 jours, la gestion alimentaire est bien meilleure après vêlage. Dans ces situations, le déficit énergétique en début de lactation est atténué. Tout comme on constate moins de troubles métaboliques et une amélioration de la fertilité", décrit la vétérinaire, montrant que l'ensemble de ces éléments mis bout à bout se traduisent par "une durée de vie productive plus longue liée à l'amélioration du taux de réforme".
Pour autant, cette pratique ne peut s'envisager que dans des troupeaux ayant une bonne maîtrise des taux cellulaires et des mammites. Car avec des durées courtes de tarissement, la guérison des affections mammaires chroniques est réduite. "Ce qui peut aboutir à une dégradation de la situation leucocytaire du troupeau".
Enfin, le risque inhibiteurs ne doit pas être oublié. "Pas question, dans le cadre de tarissements écourtés, d'utiliser des produits classiques dont la persistance dans la mamelle est de 8 semaines. Pour écarter tout risque de résidus dans le lait, il convient d'utiliser des spécialités à durée d'action plus courte".

Didier Le Du

Photo : Les différentes études montrent que la durée optimale de tarissement reste, cas général, fixée à 8 semaines.


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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 18 Avril 2008
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