
D ans le cadre des actions conduites sur le BV du Trieux par la Chambre d’agriculture et le SIAT (syndicat intercommunal d'aménagement du Trieux), a été réalisée une expérimentation visant à constater l’effet des techniques de travail du sol et des bandes enherbées sur l’érosion, le transfert de la matière organique et du phosphore.
Un blé a été implanté sur une parcelle de démonstration à Kerbourhet en Plésidy avec une pente de 6 % en appliquant trois techniques : un labour classique suivi d’un semis combiné avec rotalabour, la technique sans labour -TSL- (outils à dents + semis combiné), et le semis direct ; tout ceci après un ensilage. Dans chaque bande, un rectangle de 4 m2 a été isolé, relié à un bac pour récupérer l’eau de ruissellement et toutes les particules (terre…).
Après chaque épisode de pluie significatif (> 15 à 20 mm), les techniciens ont effectué des mesures des volumes recueillis (13 entre le 22 novembre et le 5 mars) et deux fois dans l’hiver l’eau a été analysée pour déterminer la charge organique.
Limiter les transferts
Quelques éléments peuvent être retenus, même si les techniciens se gardent d’en tirer des vérités scientifiques : « il s’agit d’une seule parcelle de démonstration et les résultats n’ont de valeur que dans le contexte de la parcelle et de l’année ».
La pluviométrie sur 4 mois ayant été de 386 mm sur ce secteur, la quantité d’eau déversée sur chaque micro parcelle est de 1 546 mm. Les volumes d’eau collectés sont voisins pour le labour et le TSL 49,9 litres et 49,2 litres, 39,2 (inférieurs de 10 litres) pour le semis direct et seulement de 14 litres sur la bande enherbée. Les coefficients de ruissellement varient donc de 0,90 % pour la bande enherbée à 3,20 % pour les parcelles sous labour en en TSL, la parcelle en semis direct se situant à 2,50 %.
Le poids de la terre collectée varie. Plus important dans la micro parcelle labourée (179 grammes), il est de 144 grammes pour la TSL et 113 grammes pour le semis direct, et seulement 20 gram-mes pour la bande enherbée. La présence plus ou moins marquée de résidus à la surface du sol joue un rôle dans le transfert de particules. Des estimations sur deux analyses d’eau illustrent aussi une tendance similaire dans le transfert de phosphore et de carbone organique. Par contre au niveau des nitrates, il s’avère que l’influence du ruissellement est dérisoire par rapport au lessivage.
Des constats qui, s’ils n’ont pas une valeur scientifique et doivent être confrontés à d’autres expérimentations, permettent néanmoins d’apporter des repères aux agriculteurs dans leurs pratiques.
Pierre Dénès
Durant l’hiver, les techniciens ont contrôlé sur des micro-parcelles soumises à des techniques culturales différentes, les quantités d’eau, de terres, de résidus qui migrent.