
C ’est dans le contexte particulier de la production laitière qu’a évolué l’Armoricaine durant cette dernière période. Et si sur l’exercice 2007 la progression de la collecte se limite à 2,27 %, ces derniers mois, l’augmentation avoisine les 20 %. Un flux de production important qu’il faut digérer. Et pour la coopérative, la valorisation de cet excédent de production ne se situe pas sur ses marchés de niches, mais plutôt sur les marchés des produits industriels (beurre-poudre) dont les prix après l’explosion connue en 2007 sont revenus à des niveaux beaucoup moins bons.
« Pour le moment, cette augmentation de production pénalise fortement la coopérative et par voie de conséquence les adhérents », note le président Arthur Jaglin, dans son rapport d’orientation présenté le 27 mars lors de l’assemblée générale. Une situation qui, si elle devait se prolonger, devrait amener les responsables à moduler la bonne année 2007 avec des résultats de 2008 sans doute moins favorables. D’autant que le prix actuellement payé aux producteurs n’est pas en phase avec la situation réelle des marchés, du fait du décalage lié aux accords interprofessionnels. « Ce n’est pas sain de continuer ainsi », confie le président.
Une nouvelle gestion
Pour l’entreprise, il est évident que cela doit conduire à une réflexion de fond alors que se profile rapidement un assouplissement des quotas et leur suppression à l’horizon 2015. « La coopérative qui a pour obligation de collecter la totalité de la production de ses adhérents devra réfléchir à la mise en place de contrats alliant le prix et le volume ». En clair c’est une nouvelle gestion qui se prépare, dont il est encore difficile de cerner les contours.
Pour autant les responsables de la coopérative se montrent relativement optimistes. Selon Jean-Paul Linet, « la hausse des prix devrait être durable, mais avec des périodes de turbulence ; des accidents qu’il faudra être capable de gérer aussi bien au niveau des entreprises que des exploitations ». Mais comme le rappelait Arthur Jaglin en conclusion de son rapport « Depuis longtemps l’Armoricaine a prouvé son efficacité pour améliorer la performance de nos exploitations. Persuadé que nous saurons trouver les meilleurs outils pour conserver cette efficacité et continuer de progresser ensemble ».
Pierre Dénès
Arthur Jaglin, président (à droite) et Jean Paul Linet, directeur (à gauche).