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Méthanisation : Quand la matière devient électricité et chaleur
 

Le rumen de votre ruminant : c'est l'élément de comparaison choisi par André Buschhaus, éleveur en Allemagne et lui-même à la tête d'une installation de méthanisation (lire aussi page 3), pour qualifier le fonctionnement d'un fermenteur, c'est-à-dire l'endroit dénué d'oxygène où sont introduites les matières à décomposer au sein d'une unité de méthanisation. Un choix d'image qui fait référence au caractère subtil de la manœuvre. "Les substrats à traiter doivent être de différents ordres, confirme François Duriez, l'un des chefs de projet de l'entreprise Biogaz PlanET France, basée à Fougères. Il faut des effluents d'élevage pour ensemencer le milieu. Les bactéries ainsi apportées iront dégrader la matière. Cependant, ces effluents ne sont pas les éléments qui permettront d'obtenir le plus de méthane. C'est pourquoi il faut faire appel à des déchets extérieurs ou des cultures intermédiaires qui ont, entre autres, un rôle de structurant."Le choix des matières à incorporer est fondamental : il détermine en effet la quantité de biogaz qui sera, au final, produite. L'objectif est aussi de minimiser la facture énergétique de cette phase, en choisissant des déchets qui ne demandent, si possible, pas trop de place ni de temps de dégradation. Dans certaines installations, une phase d'homogénéisation des déchets est d'ailleurs prévue. Reste que, dans la réalité, le type de déchets à traiter dépendra des opportunités trouvées dans le secteur géographique de l'exploitation, avec les industriels qui y exercent.

Place au bullage

Une fois introduites dans le fermenteur, où règne une température de 40°C, les matières sont peu à peu dégradées sous l'effet des bactéries et d'un brassage permanent. Du gaz, composé de méthane, mais aussi d'eau et de gaz carbonique, commence à être produit. Apparaissant à la surface, des bulles signalent que le procédé est bien en marche. Le toit du fermenteur, constitué d'une membrane élastique, sert au stockage du gaz, d'où un aspect plus ou moins gonflé. Il sera ensuite nécessaire de désulfuriser ce gaz, de le refroidir pour éliminer l'eau et de l'épurer.
Après un séjour de 30 à 80 jours dans le fermenteur, le digestat rejoint une fosse de stockage (couverte ou non). Pour les installations de plus grande puissance, un post fermenteur s'immisce, en plus, entre le fermenteur et la fosse de stockage pour optimiser la fermentation.

La métamorphose du gaz…

C'est à ce stade qu'intervient la cogénération, ou encore transformation du biogaz en électricité et chaleur, à partir d'un moteur à gaz ou d'un moteur "dual fioul" (utilisant les deux combustibles gaz / fioul ou biocarburant). La chaleur est à valoriser à proximité (exploitation, maisons, bâtiments industriels, alimentation d'un réseau chaleur, etc.) tandis que l'électricité rejoint le réseau électrique. De son côté, le digestat résultant de la fermentation est destiné à être épandu : si la méthanisation n'aura aucunement éliminé l'azote, elle l'aura néanmoins rendu plus assimilable. En cas d'impossibilité d'épandage de tout le digestat en raison du plan d'épandage, ce dernier peut subir un traitement comme la séparation de phase ou le séchage. Les deux techniques ont l'avantage de déboucher sur une phase solide exportable. Le séchage présente, en plus, l'intérêt d'utiliser la chaleur issue du cogénérateur, soit une valorisation intéressante sur place. À chacun, au final, de trouver sa propre utilisation optimale du biogaz.

Anne-Laure Lussou

Un coût non négligeable

Le coût d'une installation de méthanisation dépend de beaucoup de facteurs. Pour une installation de puissance 100 kW, l'association Aile (Association d'initiatives locales pour l'énergie et l'environnement) avance un montant indicatif d'investissement de 500 000 euros, comprenant le process de méthanisation mais pas le stockage, le raccordement ni la valorisation de la chaleur. Les subventions, attribuées au cas par cas, peuvent atteindre au maximum 40 %. Enfin, à l'heure actuelle, l'aboutissement d'un projet nécessite, en moyenne, 30 mois.
>>>>> Contact méthanisation à Aile :
Armelle Damiano, animatrice, 02 99 54 63 23.

Visites possibles en juin


L'entreprise Biogaz PlanET France organise des visites d'installations de méthanisation en Allemagne. Le prochain déplacement aura lieu le jeudi 19 juin 2008 au départ de Fougères puis d'autres villes françaises. Renseignements et inscriptions : 02 99 94 14 50.

Installation de méthanisation (fermenteur et post-fermenteur) située en Allemagne de puissance 210 kW.


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Date de l'article : semaine du N° du 4 au 11 Avril 2008
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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