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Aviculture - 10% de la consommation agricole d’énergie en Bretagne
 

Loin derrière les serres et les tracteurs, les bâtiments avicoles représentent 10 % de la consommation agricole d'énergie, en Bretagne. Il s'agit en majorité de gaz (2/3) et d'électricité. Le contexte actuel de hausse du pétrole et du gaz interroge les producteurs. Faut-il rechercher d'autres solutions ? Lors de l'assemblée du Gaevol, une table ronde a réuni quelques spécialistes.

Pérenniser les entreprises

L'agriculture est confrontée à trois défis, résume Jean-Yves Carré, de la Chambre d'Agriculture du Finistère. "Nous devrons économiser l'énergie fossile, essayer de substituer les énergies fossiles par des renouvelables et développer la production d'énergie renouvelable". Une démarche soutenue par les acheteurs de volailles, comme l'a précisé Dephine Smagghe, directrice environnement chez Mac Donald France. "Pour la filière, c'est un moyen d'accéder à des marchés et donc de pérenniser les entreprises".
Les Chambres d'Agriculture ont mis au point un outil de diagnostic (Agri-Energie). "Il permet de positionner la consommation d'énergie de l'élevage, de mesurer l'impact du bâtiment et du matériel ainsi que l'effet de la conduite d'élevage et de mettre le doigt sur les points faibles", souligne Christian Nicolas, de la Chambre d'Agriculture du Finistère.

Des panneaux photovoltaïques

Il n'y aura pas une énergie renouvelable mais plusieurs solutions, dont certaines ont été détaillées devant les adhérents du Gaevol. Le solaire, à partir de panneaux photovoltaïque proposé par Loïc Picot, d'IEL, consiste à produire de l'énergie revendue ensuite à EDF. "Les bâtiments avicoles, par leur longueur, conviennent bien pour ces installations", explique Loïc Picot. "Un poulailler de 1 200 m2 peut recevoir 500 m2 de panneaux photovoltaïques. S'il est orienté sud, il peut produire 60 000 kwh/an, revendus de 30 à 35 000 euros. Mais, l'investissement reste élevé (400 000 euros), et le retour sur investissement est long (10 à 13 ans)".
Des aviculteurs y réfléchissent, comme Michel Allioux de Réguiny (56). Avec d'autres aviculteurs, il a créé un groupe de travail pour étudier la meilleure solution, analyser la rentabilité et les conséquences au niveau de la fiscalité et de l'assurance. "Je conçois cet investissement comme une diversification, un complément de revenu mais aussi comme un moyen d'améliorer l'image de la production avicole", explique l'éleveur, qui est motivé mais prudent.

Les plaquettes de bois

"La filière bois-énergie consiste à s'équiper d'une chaudière pour brûler des plaquettes de bois déchiqueté, afin d'assurer le chauffage des bâtiments", souligne Marc Le Treis, de l'association Aile. "Le coût du Kwh serait de 2,6 ct à partir de bois déchiqueté contre 13 ct pour le gaz". Jean-Luc Le Gall de Loguivy-Plougras (22) étudie la solution pour chauffer sa maison et 3 000 m2 de poulailler. "Il me faudrait 300 à 400 m3 de plaquettes par an. L'investissement est élevé de l'ordre de 100 000 euros (30 000 à 40 000 euros de plus qu'une installation gaz). Et le retour sur investissement de l'ordre de 5 à 10 ans".
Les banquiers, présents dans la salle, restent très prudents sur ces investissements. Pour les panneaux photovoltaïques, un financement à 100 % n'est pas concevable car la vente d'électricité n'est pas suffisante, au départ pour rembourser les annuités. Il est souhaitable de disposer de 15 à 20 % d'apport personnel et d'une trésorerie d'appoint au démarrage. "Ce n'est pas la poule aux œufs d'or, mais chaque projet est à étudier au cas par cas".
Les aviculteurs disposent de quantités importantes de fumier. Pourquoi ne pas le brûler dans une chaudière pour chauffer les poulaillers ? Techniquement, c'est possible mais les rejets de fumées semblent trop chargées en dioxine et de nouvelles études sont encore nécessaires.

Patrick Bégos

Economiser l'énergie


D'autres solutions économes en énergie vont être testées dans 5 fermes-pilotes avicoles en Bretagne. Des tests sont en cours pour voir si la récupération de la chaleur de l'air sortant par la ventilation permet de réchauffer l'air entrant. Plusieurs fermes seront équipées de chaudière biomasse avec échangeur air-eau et chauffage au sol. Des techniques économes en énergie seront également expérimentées comme le démarrage en sur-densité dans un seul bâtiment, le détassage des lots, …
Dans beaucoup d'élevages, la réduction de la consommation de chauffage, par quelques investissements en isolation ou par une modification de la conduite d'élevage, restent des solutions rapides à appliquer pour réaliser quelques économies. Une réflexion en groupe favorise les échanges constructifs, avant de s'engager dans les investissements.



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Date de l'article : semaine du N° du 4 au 11 Avril 2008
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Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





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