
Avec plus de la moitié du chiffre d'affaires, la volaille représente l'activité majeure de la Cam. Dans un contexte difficile, la Bretagne a perdu plus de 25 % de son parc avicole depuis 2 000. De son côté, la Cam stabilise son parc autour de 400 000 m2. Elle reste le partenaire privilégié de Provialys, filiale de LDC. Provialys réunit les outils d'abattage et de transformation (Procanar, Celvia, Celtys), qui étaient auparavant propriété de la Cam. Le partenariat avec LDC, leader français de la volaille, a sécurisé les débouchés de la coopérative et permis de bénéficier des innovations d'un grand groupe. Incidence sur les prix de revientLe début de l'année 2008 n'est pas bon pour les viandes. La consommation de volailles est en baisse de 5 %, en grande partie à cause d'un pouvoir d'achat qui stagne. Beaucoup d'incertitudes pèsent sur les prochains mois. "Nous avons passé certaines hausses auprès des GMS, mais les prix des céréales continuent leur progression", souligne Stéphane Sallé, directeur de Provialys. Cette augmentation des céréales a fait progresser de 33 % le prix de revient du poulet vif et de 45 % celui de la dinde.
"Les Allemands produisent leurs propres dindes et ne nous en achètent plus, ce qui explique la baisse des exportations", poursuit le directeur. "La parité euro-dollar affecte aussi les autres monnaies et nous sommes handicapés sur nos exportations vers la Grande-Bretagne".
Moins compétitive
Sur le marché intérieur, la dinde souffre d'une perte de compétitivité et se trouve en concurrence avec le poulet. Ce n'est plus la protéine animale la moins chère. "Mais, elle garde encore son avantage nutritionnel de viande diététique, notamment par rapport au poulet lourd. Nous voulons conserver nos marchés en dinde", déclare Stéphane Sallé.
En Bretagne, beaucoup d'éleveurs n'ont pas réinvesti et l'aviculture souffre d'une mauvaise image avec des revenus faibles. "Nous poursuivons les négociations avec Provialys pour améliorer les contrats et revaloriser le métier d'éleveur. Les augmentations déjà acquises ne correspondent qu'à du rattrapage. Nous voulons vivre de notre métier", affirme le président de la section volailles, Jean-François Moussard. "Les abattoirs doivent prendre conscience que le parc va encore se réduire si les contrats ne sont pas revalorisés".
Mieux communiquer
Les élus de la Cam se montrent très volontaristes. "Pour assurer la reprise des élevages, nous devons mieux communiquer auprès des jeunes et des porteurs de projets", déclare Jean-François Moussard. La rénovation des bâtiments est un volet essentiel. Comme les moyens financiers du plan Etat-Région sont faibles, la Cam met en place un plan de rénovation en aidant ses éleveurs sur les cinq prochaines années (voir hors-texte). "À moyen terme, il faut essayer de reconstruire le parc en prenant en compte les contraintes environnementales, administratives et sociétales", poursuit le président. La coopérative sera force de proposition, dans ce domaine. La démarche est soutenue par Provialys, qui investit fortement dans les innovations de produits cuits et élaborés pour les GMS et l'exportation. La charcuterie de volaille sera également développée pour satisfaire la demande de la restauration hors-foyer. "Dans notre stratégie d'investissement, on se projette à 20 ans", confie Stéphane Sallé.
Patrick Bégos
>>>> Une activité en progression
- Poulet-dinde 272 500 m2
- Canards 130 600 m2
- Surface totale 403 000 m2 soit +3 800 m2
- Production totale de
72 200 t/an soit + 7,1 %
Financer les rénovations
"Après diagnostic du technicien, nous aiderons les éleveurs à financer leurs investissements en matériel neuf, plafonnés à 50 euros/m2 en canard et à 25 euros/m2 en poulets et dindes, par des prêts à taux 0 % (prêt de 66 % de l'investissement). Le remboursement se fera, par retenue sur chaque bande, sur une durée totale de 7 ans", explique Bernard Brunel, directeur des productions animales à la Cam.
De gauche à droite : Bernard Brunel, responsable productions animales CAM, Jean-François Moussard, président de la section volailles et Bernard de La Morinière, vice-président.