
En l'espace de 12 ans, le nombre d'adhérents et la surface de production ont quasiment doublé au Gaevol. Fin 2007, le groupement était constitué de 421 adhérents pour 738 000 m2, dont 80 % situés en Bretagne. "La différenciation engagée vers le poulet lourd a été un atout pour maintenir les parts de marché, dans un contexte avicole particulièrement agité", souligne le président Stéphane Dahirel.
Volontaristes
Le poulet Princior reste la production principale devant le poulet standard et la dinde. Face à l'augmentation des prix des matières premières, les abattoirs souffrent. "La hausse des prix de revient n'a pas été répercutée complètement sur les contrats de vente. Les consommateurs, dont le pouvoir d'achat stagne, réduisent leur consommation et les viandes deviennent concurrentes entre elles", déclare Paul Lopez, directeur de Boscher-Volailles.
"Nous sommes volontaristes", poursuit le directeur. En effet, en l'espace de 5 à 6 ans, le groupe Glon-Sanders a investi près de 60 millions d'euros dans ses outils, (Guiscriff et Mûr de Bretagne). Le nouvel abattoir Boscher-Volailles de Mûr sera prêt, fin mai, pour accueillir des poulets Princior alourdis. Ces investissements constituent à la fois, un véritable défi et un gage de pérennité. Le groupe a en effet choisi d'alourdir les carcasses de poulet pour une meilleure optimisation de la découpe. Les poulets Princior vont passer à 3,4 kg, il a fallu revoir les souches, l'alimentation, les programmes lumineux.
Dindons de 14 kg
"La dinde, on continue à y croire malgré la forte baisse des abattages, en France et en Europe", confie Emmanuel Collet, de RVE. Ici, aussi, c'est l'alourdissement des dindons jusqu'à 14 kg qui permettra d'améliorer encore les rendements de la découpe.
Pour les producteurs, quelle que soit l'espèce produite, les rémunérations s'améliorent de manière très nette, surtout depuis le début de l'année 2008. Les écarts se réduisent entre les contrats de dindes et de poulets.
Plus de polyvalence
La rénovation des bâtiments et l'accompagnement des jeunes à l'installation sont deux axes de travail importants pour 2008. "Nous allons aussi favoriser la polyvalence entre les deux productions dindes et poulets, grâce à un contrat variable en fonction des périodes de l'année", explique Christophe Chrétien, responsable du Gaevol. La demande se saisonnalise de plus en plus. L'été, la demande de poulets progresse alors que l'hiver, c'est la dinde qui prime.
Ainsi, les vides sanitaires qui étaient de 4 semaines en poulet, durant l'hiver, sont aujourd'hui de 3 semaines et seront bientôt de 15 jours voire moins, ce qui est limite en charge de travail pour les éleveurs. "Nous pensons que 5 à 10 % du parc est capable d'avoir une rotation de production, ce qui permettrait des durées de vides plus adaptées et des plannings plus linéraires", estime C. Chrétien. Une comparaison réalisée dans plusieurs élevages montre l'impact favorable de cette pratique au niveau sanitaire. L'alternance dindes-poulets casse le microbisme, réduit les taux de pertes et améliore les indices et les marges PA/m2.
Ne pas démobiliser
Au niveau environnemental, d'importants efforts ont été engagés par les aviculteurs, notamment pour composter les fumiers. "Il est urgent de ne pas rajouter de nouvelles contraintes et de ne pas modifier en permanence celles qui existent, au risque de démobiliser certains éleveurs," souligne Stéphane Dahirel, en regrettant les difficultés dans la création de l'interprofession nationale volaille qui pourrait œuvrer sur ce sujet.
Patrick Bégos
Photo : Stéphane Dahirel, Président du Gaevol