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BOVINS / Pour passer sans souci le cap de la mise à l'herbe - Trouver sa stratégie anti strongles digestifs
 

Avec premiers beaux jours (quand ils arrivent…) riment mise à l'herbe, premières bouchées d'herbe fraîche pour les bovins, mais aussi… casse-tête de la gestion antiparasitaire. La menace des principaux parasites digestifs, à savoir les strongles, et leurs conséquences néfastes sur les performances, refait surface. Rien ne sert, pour autant, de traiter tous azimuts l'ensemble des animaux. En effet, il faut permettre aux bovins d'acquérir une immunité naturelle, en les laissant au contact (prudent) des parasites. Certains ont d'ailleurs peut-être acquis suffisamment d'immunité au préalable.
Concrètement, comment procéder ? Pour les génisses laitières de première année (ou pour les bovins allaitants, l'année qui suit le sevrage), il n'existe pas de danger parasitaire particulier à la mise à l'herbe, l'herbe de fin d'hiver contenant peu de larves. On retiendra cependant un cas où le traitement peut s'avérer bienvenu : le full grass.

Dans ce cas, il est possible d'opter soit pour un bolus, soit pour deux traitements à l'aide d'un endectocide (famille de médicaments contenant l’IvomecN.D., l’EprinexN.D., le DectomaxN.D., etc.). "Choisir le bolus, c'est choisir la sécurité et le côté pratique, commente Stéphanie Lardoux, responsable du service conseil technique au GDS 22. La solution a cependant l'inconvénient de retarder la mise en place de l'immunité chez les animaux puisqu'ils n'ont pas  à se défendre." Un bolus représente également un investissement :  environ 15 euros par bovin, soit un coût non négligeable à l'échelle du troupeau. Les endectocides, de leur côté, coûtent 1,5 à 2 euros les 100 kg pour un traitement, mais l’effet préventif n’est acquis qu’en traitant deux fois dont l'une en cours de pâturage. Parmi les mauvaises habitudes à abandonner, noter que le recours à un seul traitement, à la mise à l'herbe ou 3 à 4 semaines plus tard avec un endectocide ou un vermifuge à action immédiate, n'a pas d’efficacité préventive.

2e saison en fonction de la première

Pour les génisses de deuxième année de pâturage, la solution dépendra de l'option choisie en première année. "Si elles ont acquis une immunité suffisante durant la première saison, il n'est pas nécessaire de les retraiter, détaille Stéphanie Lardoux. En revanche, il faudra le faire si elles n'ont pu acquérir cette immunité, par exemple en cas d'utilisation de bolus en première année, en cas de saison à l'herbe courte (moins de quatre mois), en cas de sécheresse (plus d'un mois, ce qui sonnera le glas des parasites), en cas d'apport de fourrages en complément (foin ou autres) ou enfin en cas d'utilisation de pâtures neuves (et donc dénuées de strongles) toujours durant cette première année."

Enfin, pour les bovins adultes, inutile également de systématiser les traitements. "On considère qu'il faut environ 8 mois au pâturage seul pour que l'animal soit immunisé, poursuit Stéphanie Lardoux. L'animal arrive donc en situation d'immunité en cours de 2ème année. En conséquence, pour les bovins adultes, une stratégie au coup par coup suffit. On traitera par exemple les animaux nouvellement introduits dans le troupeau." Quant au type de traitement, il s'agira cette fois de choisir entre un endectocide ou un vermifuge à action immédiate.

La lutte contre les parasites pulmonaires, pour sa part, n'est pas aussi simple à gagner. Les mêmes principes s’appliquent néanmoins, notamment celui de permettre aux jeunes bovins de bâtir leur immunité naturelle en les laissant au contact avec les parasites sans excès de médicaments. En cas d'apparition d'essoufflement lorsque les animaux entrent au champ (signe caractéristique), il faut cependant agir sans attendre, un traitement de tous les animaux s'imposant.

Anne-Laure Lussou
Source : GDS bretons

Photo : Parmi les moyens de prévention, on peut citer le choix de pâtures neuves, et donc dénuées de larves, ou encore le choix de pâtures ayant été fauchées. 


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Date de l'article : semaine du N° du 28 Mars au 4 Avril 2008
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