|
En 2004-2005, la consommation de lapin avait progressé de 3% par an, mais la tendance s'est inversée depuis la fin de 2006. "En 2007, la consommation aurait progressé de moins de 1 % alors que la production augmentait de 2,3 % en volume, en grande partie à cause de l'amélioration des performances d'élevage. Ce décalage a provoqué une hausse des stocks de lapins congelés qui sont supérieurs de près de 1 000 t aux volumes normaux des années précédentes", explique Dominique Le Cren, du CLIPP (Comité interprofessionnel). Les conséquences se sont rapidement répercutées sur les prix de reprise, inférieurs de l'ordre de 3 % à ceux de 2006, malgré les efforts déjà réalisés par les éleveurs pour maîtriser la production, durant l'été 2007.
Réduire de 5 %Un rééquilibrage doit être engagé rapidement, face à cette évolution peu favorable de la consommation. La stagnation actuelle du pouvoir d'achat et le manque de visibilité de la viande de lapin dans les rayons ne peuvent laisser espérer un redressement rapide des achats des ménages, en 2008. "Un accord interprofessionnel a été mis en place au niveau national pour réduire de 5 % le niveau de production par rapport à 2007", déclare D. Le Cren. Il faut donc mettre en marche toutes les synergies pour que le lapin soit davantage consommé. Plus de découpes, plus de produits élaborés, des campagnes de publicité dans les médias. Et pourquoi pas des actions de proximité dans les supermarchés ? Il faudra sans doute associer des actions ponctuelles et des actions à plus long terme, pour redresser les tendances. "Du côté des produits élaborés, ça ne démarre pas, ajoute Dominique le Cren, peut être à cause du coût élevé de la matière première lapin".
L'enjeu du bien-êtreAu-delà de l'évolution des marchés, un autre enjeu se profile à l'horizon, c'est celui du bien-être. "Un projet de recommandation est en cours à Bruxelles depuis plus de 10 ans. Il avance doucement et on peut s'attendre, un jour, à une directive. Certaines associations de défense des animaux ne sont pas très contentes de la lenteur de ce dossier et menacent de lancer un boycott de la viande de lapin". Des études ont été réalisées sur le sol grillagé, l'enrichissement du milieu, le logement des lapines, l'engraissement. "Nous devrons faire des concessions, notamment en aménageant les cages (densité, hauteur, plateforme…). L'essentiel sera de concilier au mieux le surcoût lié à ces aménagements et le maintien des performances d'élevage. Ne baissons pas les bras, mais soyons conscients que nous devrons évoluer sur certains sujets", estime Dominique Le Cren.
Patrick Bégos
|
|