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Ille et Vilaine (35)
COOPEDOM / Elle représente 35 % des charges de la coopérative - L'énergie, l'évident enjeu de demain
 
L 'année 2007 s'est terminée par un bilan qualifié de record à la Coopédom, avec 44 000 tonnes de fourrages déshydratés au total sur l'année, contre 37 000 tonnes l'année précédente. Les conditions climatiques, et notamment une pluviométrie abondante et régulière, sont à l'origine de ce record, engendré en grande partie par la hausse des tonnages de maïs plante entière (+ 36 %) et de maïs épi (+ 41 %). La luzerne (avec toujours une MAT intéressante, cette année 19,9 %) a pour sa part gagné 13 % en tonnage.

Revers de la médaille : si ces rendements importants ont permis à la coopérative de dégager un bon résultat en fin d'année (d'où une ristourne de 5 euros / tonne de fourrages accordée aux 687 adhérents sur 2007, alors que le coût des prestations était resté inchangé), ils ont aussi entraîné une addition salée en terme de consommation d'énergie thermique (+ 20 % en kwh) et d'électricité (+ 16 % en kwh). En conséquence, et en prévision de nouvelles hausses du coût de l'énergie, la coopérative prévoit d'une part une augmentation du tarif de ses prestations de 12 euros / tonne pour l'année 2008. D'autre part, elle prend à bras le corps le chantier de la maîtrise de la consommation énergétique et de la substitution d'énergie. Joseph Lebrun, le président, l'a signifié : "les économies d'énergie ont été et seront le fil conducteur de nos AG".

Développer le préfanage

Première priorité donc, la réduction de la consommation énergétique. Pour ce faire, la Coopédom développe d'ores et déjà la technique du préfanage. "La fauche à plat, avec 24 h de préfanage avant de regrouper le fourrage peut nous faire gagner jusqu'à 5 % de matière sèche en moyenne annuelle, ce qui représente 10 % de charbon économisé", a expliqué Frédéric André, responsable technique, précisant qu'une baisse de 5 % d'humidité engendre aussi une augmentation de vitesse de 20 % dans les fours de la coopérative. Cette dernière envisage également d'autres pistes comme le recyclage d'une partie des fumées ou l'utilisation d'auto-chargeuses en secteur proche.

Miscanthus et autres

Pour la seconde priorité, le recours à des énergies alternatives, la Coopédom opte aussi pour plusieurs solutions combinées, dans une optique de sécurisation des ressources. Elle compte d'une part réduire de 30 % ses émissions de CO2 par la substitution d'une partie de l'énergie fossile via la biomasse. Deux projets sont déjà en cours : l'implantation de 400 ha (dans un premier temps) de miscanthus, déjà réalisée pour 55 ha, et la recherche d'une autre plante énergétique complémentaire comme le switch grass. Sur ce sujet de la biomasse, la Coopédom travaille en partenariat avec les Chambres départementale et régionale d'agriculture et avec Agro-Campus. Objectifs : granuler la biomasse pour la vente en proximité dès 2008 et intégrer la biomasse dans les fours de la coopérative en partenariat avec Aile dès 2009. Soit des échéances très proches. Un projet européen intégrant la Coopédom et d'autres partenaires est également en cours d'étude.

Enfin, la coopérative réfléchit à la faisabilité de projet de méthanisation en collaboration avec des collectivités territoriales et des acteurs locaux. "Trouver un complément énergétique à la combustion de biomasse, c’est pouvoir s’adapter à de nouveaux process pour la déshydratation du fourrage", a commenté Frédéric André. Autant de solutions différentes destinées à une seule chose : pérenniser un outil qui donne satisfaction à ses adhérents et leur permettre de continuer à s'approvisionner en fourrages déshydratés à des tarifs intéressants, à l'heure où notamment la luzerne commence à se faire très rare sur les marchés français et européen.

Anne-Laure Lussou

Photo : Le projet de la Coopédom pour la production de biomasse intègre, entre autres, l'implantation de 400 ha (dans un premier temps) de miscanthus. 


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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 21 Mars 2008
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