
Gilles Tanguy, président de la section employeurs de la FDSEA, fait le calcul : "30 000 demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE auxquels il faut ajouter 15 000 personnes qui émargent aux minima sociaux. Cela fait 45 000 Finistériens susceptibles d'occuper un emploi. Face à ce chiffre, l'agriculture recrute pas loin de 1 000 personnes par an. Il y a donc de la marge".
Aller au-devant des gens
Reste que cette équation mathématique qui laisse entendre qu'il ne devrait pas y avoir de problème de recrutement se heurte à des évidences de terrain, comme la proximité des emplois ou la simple méconnaissance d'une réalité pourtant bien établie : l'agriculture recrute.D'où la décision de la profession d'aller au-devant des salariés potentiels. "À nous d'aller chercher les personnes là où elles se trouvent. Il faut aller vers les gens", dit G. Tanguy qui met en avant "la dimension territoriale de l'emploi. La proximité est un atout, la mobilité est un frein". Il parle là de la mobilité géographique alors que la mobilité professionnelle semble plus prometteuse. "On ne peut pas imaginer qu'un salarié restera 40 années dans son entreprise ou dans son secteur d'activité. Il convient donc d'approcher la mobilité de l'emploi sur le plan du territoire", pense aussi Jean-Yves Tessier, directeur de la maison de l'emploi d'Angers, venu témoigner de son expérience devant les Finistériens.
À l'exemple de la betterave et de la fraise
Le milieu agricole est également convaincu que nul mieux que la profession sait parler de son métier. C'est pourquoi les employeurs veulent s'appuyer sur une nouvelle AEF (Association emploi formation) pour relever le challenge du recrutement. "Sur les 8 500 emplois équivalent temps plein que compte l'agriculture – 20 000 CDD et 6 000 CDI – le besoin annuel lié au renouvellement et à la croissance du marché de l'emploi dans le secteur est de 500 à 750 emplois par an", chiffre G. Tanguy.
Concrètement, l'AEF 29 aura maintenant des antennes dans les principales villes du Finistère. Avec une ramification jusque dans les communes où se tiendront des permanences. Une nouvelle organisation qui se fera en lien avec les missions locales, les maisons de l'emploi, les collectivités locales.
Cette organisation s'inscrit dans la nouvelle configuration de l'ANPE et de l'Assedic, proposée par le ministre Jean-Louis Borloo, "Des départements avaient déjà l'expérience des maisons de l'emploi, notamment dans les régions où l'on cultive des betteraves, de la fraise", cite Bernard Levacher, représentant la FNSEA à l'Unédic. "De même que l'ANPE avait un bureau dans les locaux de la Chambre d'agriculture du Lot". Des exemples qui montrent que l'efficacité en matière d'emploi passe par un décloisonnement des services et une proximité de terrain. C'est sur cette voie de l'association des compétences qu'entend se placer le secteur agricole pour pourvoir les nombreuses offres d'emploi faites par la ferme finistérienne.
Didier Le Du
Photo : De gauche à droite : Bernard Levacher, représentant la FNSEA à l'Unédic ; Gilles Tanguy, président de la section employeurs de la FDSEA ; Jean-Yves Tessier, directeur de la maison de l'emploi d'Angers ; Jean-Louis Spiral, secrétaire général de l'AEF.