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L'apprentissage
est l'une des formes de l'alternance. C'est un véritable contrat de
travail et de formation avec trois partenaires qui s'engagent les uns
envers les autres : le jeune, l'entreprise et le centre de formation. Le
jeune apprenti est véritablement au coeur du dispositif et les deux
partenaires que sont le CFA et l'employeur participent à sa formation.
"Certes le contrat d'apprentissage intéresse les entreprises qui ont des
besoins de main-d'oeuvre mais elles doivent aussi avoir le souci de
former. Elles n'ont pas l'obligation d'embaucher par la suite", déclare
Christian Daoulas, du service formation de la DRAF. Plusieurs Cuma ont
ainsi participé à la formation de jeunes par apprentissage, l'embauche
s'effectuant ensuite par d'autres Cuma. L'apprentissage est une formation
initiale avec quelques particularités. "Le Conseil Régional est
responsable du dispositif. Il décide des ouvertures de sections et peut
apporter un financement complémentaire aux moyens de la profession.
L'autorité académique valide le contenu de la formation et les examens".
L'inspection du travail contrôle tout ce qui touche au contrat de travail.
Confiance réciproque
L'apprentissage est donc un véritable contrat entre les trois partenaires
que sont le jeune, l'employeur et le CFA. Il nécessite une confiance
réciproque entre l'apprenti et le maître d'apprentissage car l'engagement
de deux est bien supérieur à celui d'un simple stage. Un contrat
d'apprentissage sur deux ans, c'est aussi une véritable opportunité pour
le jeune dans la mesure où cette durée permet des échanges plus
approfondis que lors d1un stage et la possibilité de bénéficier de
l'expérience de son employeur. Il apporte également au jeune une certaine
autonomie financière tout en poursuivant ses études. Pour le maître
d'apprentissage, cette formule pemet de participer à la formation et de
remettre en cause ses méthodes de travail. Elle apporte également une
ouverture sur l'extérieur, des contacts avec d1autres maîtres
d'apprentissage. L'apprentissage a fortement évolué en Bretagne en
quelques années. "On totalisait 657 apprentis dans les CFA agricoles
bretons en 1994-95 et plus de 1 500 aujourd'hui. Les effectifs ont plus
que doublé en 4 ans". Cet engouement de l'apprentissage n'est pas
spécifique du secteur agricole. "C'est une solution de formation
encouragée par l'Etat, les familles y voient une entrée plus facile dans
la vie active. Les entreprises pensent que le jeune va acquérir des
compétences plus pratiques et qu'il sera plus efficace".
L'implication des professionnels
Fort heureusement, l'apprentissage n'a plus l'image de système bis de
formation. On peut suivre un cursus entier de formation par apprentissage,
y compris jusqu'au niveau d'ingénieur. Jusqu'en 1994-95, l'horticulture
était le secteur de prédilection. "Le virage s'est produit il y a quatre à
cinq ans quand les professionnels de l'agriculture et des Cuma ont
commencé à former des jeunes issus du milieu non-agricole".
L'apprentissage permettait en fait de voir si les jeunes s'accrochaient
vraiment au métier.En 1996-1997, se sont ouvertes des sections de BPREA et
de BPA par apprentissage. Toutes les décisions d'ouverture ou de fermeture
de formations dépendent du Conseil Régional de Bretagne. Celui-ci
travaille avec les professionnels de la production agricole au sein de
"contrats d'objectifs" en prenant bien en compte leurs souhaits. Les
professionnels se sont d'ailleurs largement impliqués dans le
développement des formations par apprentissage. Pour faire face aux
besoins en chefs de rayons légumes dans la grande distribution, l'Isfel de
St Pol de Léon a, par exemple, mis en place une formation par
apprentissage. Autre exemple, la création de l'IFRIA, centre de formation
des apprentis de l'agro-alimentaire. Cette structure créée par la
profession passe contrat avec le Conseil Régional pour des formations qui
sont dispensées dans des lieux dotés d'équipements spécialisés. C'est le
cas du certificat de spécialisation "qualité en agro-alimentaire" de
niveau 3, mis en place par l'IFRIA à St Jacut-Les-Pins (56).
Maturité et expérience pratique
Le tableau de la page 12 montre la diversité des formations. Dans la
majorité des secteurs de l'agriculture ou de l'agro-alimentaire, on peut
bénéficier d'une formation par apprentissage.La progression des formations
est importante depuis 4 ans, d'où la décision des professionnels de la
production agricole de marquer une pause dans l'année 1999-2000, pour
effectuer un bilan avant toute nouvelle progression. La demande de la part
des jeunes aurait en effet tendance à progresser plus vite que l'offre de
contrats par les professionnels. Les jeunes y voient une certaine
sécurisation dans la recherche d1un emploi.Qu'il s'agisse de formation par
voie scolaire ou par voie d'apprentissage, les diplômes ont la même
valeur. Pour le jeune apprenti, cette voie est exigeante car elle demande
de concilier le travail quotidien dans l'entreprise et la formation
théorique. Une exigence est d'autant plus forte que le niveau s'élève.
Loin d'être une voie de garage, la formation par apprentissage apporte des
satisfactions à l'apprenti, notamment la maturité et l'expérience
pratique. |