
Après l'exécrable campagne 2007 sur le plan des rendements (surtout en pois, haricot et flageolet), l'augmentation des surfaces annoncée pour 2008 reste pourtant faible. En assemblée générale le 6 mars à Ploërmel (56), les responsables de l'Uopli (Union des organisations de producteurs de légumes à destination industrielle de la Région Bretagne) s'interrogent sur les besoins des industriels, dont les stocks sont supposés bas.
Mais ils se préoccupent surtout de la concurrence des céréales, dont les prix ont flambé en 2007, avec des perspectives de fermeté sur les années à venir. "Les prix agricoles des légumes n'ont cessé de se dégrader au fil des années passées. Les industriels doivent poursuivre la revalorisation des prix des légumes transformés s'ils veulent satisfaire leurs besoins commerciaux en développement et pérenniser l'intérêt des producteurs spécialisés", explique Bernard Bousso, président de l'Uopli.
Intégration au régime des DPU
Autre sujet de préoccupation : les DPU en légumes. Comme le demandait le Cénaldi (Comité Economique Agricole des Légumes à Destination Industrielle), le ministre de l'Agriculture a abrogé l'article 51* (pour les légumes transformés, le chou-fleur, l'endive, le melon et l'oignon).
"Le CSO du 16 octobre 2007 a décidé d'intégrer les légumes destinés à la transformation au régime des DPU pour 2008", précise Bernard Bousso. Par contre, dans l'attente du bilan de santé de la Pac, le ministre a décidé qu'il n'y aurait pas d'attribution de DPU pour les légumes transformés en 2008. "Cela facilite la contractualisation de surfaces, mais ne supprime pas les distorsions de concurrence pour les producteurs historiques".
Pour gérer l'année 2008, Jean-Marc Créty, directeur du Cénaldi, propose aux producteurs d'activer les DPU jachère prioritairement sur les légumes transformés. Une fiche d'engagement de production, rédigée par l'OP et signée par le producteur, devra être jointe à la déclaration Pac. "C'est la preuve que vos légumes sont transformés".
Pour l'avenir, "nous devons nous battre et réfléchir à un mécanisme permettant de doter les hectares admissibles non dotés jusqu'à maintenant. Nous pourrions par exemple activer les DPU issus des réserves départementales et des surfaces perdues au profit de l'urbanisme", déclare Bernard Bousso.
2,1 millions d'euros d'aides
L'action de l'Uopli a porté ses fruits sur un dossier essentiel en légumes industrie : l'irrigation qui permet de limiter l'influence des aléas climatiques et de sécuriser le produit brut/ha et l'approvisionnement des usines. "Les collectivités (Conseil régional et conseils généraux 29 et 56) se sont engagées à appuyer les investissements en irrigation à hauteur de 2,1 millions d'euros sur la période 2008-2013, ce qui donne des possibilités de travaux de 5,2 millions d'euros", chiffre Hervé Le Goff, animateur de l'Uopli.
Sur la problématique phytosanitaire, la profession a obtenu un nombre important de dérogations, qui permettent d'envisager un peu plus sereinement la campagne à venir. "Les producteurs souhaitent un appui fort du réseau des Chambres d'agriculture, en complément des actions de l'Unilet", conclut Bernard Bousso.
Agnès Cussonneau
Photo : De gauche à droite : Jean-Marc Créty (directeur du Cénaldi), Bernard Bousso (président de l'Uopli) et Hervé Le Goff (animateur de l'Uopli).
* L’article 51 avait été mis en place pour éviter les distorsions de concurrence alimentées par les différences de DPU entre producteurs. Il était prévu de désactiver les DPU lorsqu’une culture de légumes était engagée sur la parcelle à l’exception d’une période dérogatoire de 3 mois.