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BOVIN / National Pie Rouge, à Quimper - Des jeunes éleveurs entrent dans le ring
 

La Pie Rouge des Plaines, Jean-Luc Plouhinec la côtoie depuis sa plus jeune enfance. Il faut dire que la race est arrivée sur l'exploitation familiale avant lui. Aujourd'hui, à 30 ans et après une dizaine d'années de salariat dans une coopérative agricole, il vient de reprendre le troupeau monté par ses parents.

Une race à taux

L'histoire de la Pie Rouge sur cette exploitation est celle de nombreux élevages laitiers qui possédaient des Armoricaines. Au départ, il s'agit de remplacer la race locale par des vaches aux caractères laitiers plus affirmés, tout en conservant une certaine mixité et des taux. C'est ainsi que dans les années 70, Pie Rouge allemandes et néerlandaises débarquent dans de nombreux élevages bretons. "Ici, le troupeau a été bâti à partir d'une vache achetée en Allemagne", indique Maurice, le père, qui lâchera définitivement le licol à la fin de l'année.
Trente-six ans après ses premiers pas sur la ferme de Kervaziou, la Pie Rouge élevée chez les Plouhinec n'a certainement plus grand-chose à voir avec la vache massive des années 70. Niveau morphologie et plus particulièrement de la mamelle, c'est un virage à 180 ° qu'a opéré la race. Mais, au niveau des taux, la Pie Rouge contemporaine n'a rien à envier à l'originelle MRY hollandaise ou Rotbunt allemande. "Nous avons toujours utilisé des taureaux positifs en taux", explique Maurice Plouhinec. Un travail de longue haleine qui a permis de préserver ce capital de la race. "La moyenne du troupeau se situe à 44 de TB et 34 de TP", précise Jean-Luc, soulignant aussi l'accent mis sur la mamelle depuis de nombreuses années. Quant à la fameuse mixité de la Pie Rouge, Maurice y voit encore un héritage qu'a su préserver la race. "Les vaches ont encore la capacité à prendre de la viande lorsqu'on décide de les engraisser pour la réforme", observe-t-il.

Une vache moderne

Aujourd'hui, ce troupeau de 42 vaches, alimenté avec 75 % d'herbe et 25 % de maïs, affiche une moyenne de 8 500 litres de lait vendu par vache. "Je préfère parler en lait vendu", insiste l'éleveur qui, en raison du fort taux de premières lactations, s'attend à une baisse de la production moyenne par vache pour la campagne en cours. "Comme tout le monde, j'ai bénéficié d'une rallonge de quota, plus le supplément de référence octroyé aux nouveaux installés, d'où 43 % de jeunes vaches dans le troupeau", souligne J.L. Plouhinec qui pratique le vêlage groupé et à deux ans pour les primipares. "Les vaches vêlent à partir de juin jusqu'à septembre-octobre. Sachant que les meilleures vaches peuvent, le cas échéant, faire des lactations de 18 mois si elles ne retiennent pas. Mais dans l'ensemble, la reproduction se tient puisque nous tournons en moyenne à 65 % de réussite en 1ère IA".
Installé sur une exploitation dont les bâtiments sont aux normes depuis 1998, Jean-Luc Plouhinec a décidé de franchir un pas supplémentaire dans l'organisation du travail. À partir de cet été, un robot de traite remplacera la salle de traite de 1981. "Le parcellaire groupé (32 ha accessibles) autour de la stabulation me permettra de poursuivre avec le même régime alimentaire. L'installation d'une porte intelligente évitera que les vaches ne repartent en pâture sans être traites", explique-t-il. Et d'indiquer que ce choix de l'automatisation doit permettre à la fois de compenser le départ en retraite de son père et d'assouplir les astreintes. "Avec le robot, l'organisation du travail est plus souple sur la journée", dit ce jeune père de famille qui pense à ses enfants… mais aussi à ses matchs de foot du dimanche après-midi.

Didier Le Du

Photo : Jean-Luc Plouhinec, avec son père, Maurice, conduira 4 vaches au National Pie Rouge qui se déroule ce week-end à Quimper. 


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Date de l'article : semaine du N° du 14 au 21 Mars 2008
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