
Notre priorité est de défendre une agriculture professionnelle, avec des agriculteurs exploitants à temps plein" déclare Frédéric Daniel, nouvel administrateur du syndicat. "L'installation doit allier les notions de viabilité, soit une garantie de revenu sur plusieurs années, et de "vivabilité" permettant un épanouissement personnel et professionnel". Pour le faire, les JA souhaitent poursuivre les efforts entrepris sur la promotion du métier et sur le développement du nouveau dispositif d'accompagnement à l'installation. Bruno Le Dru, administrateur national et exploitant en Seine Maritime, a précisé l'objectif du nouveau parcours "Il faut faire passer un maximum de jeunes dans le parcours aidé. C'est une garantie de pérennité pour les exploitations et, d'une manière générale, ça permet de maintenir les financements à l'installation".
Une DJA corrélée au montant des investissements
Les JA demandent également le maintien d'une enveloppe et un soutien financier à l'installation pour la formation, la réflexion sur le projet, mais aussi pour financer les reprises et la modernisation des exploitations. "Il faut veiller à l'équité des financements" soutient Anthony Rouillé "Le montant de la DJA devrait être corrélé au montant des investissements prévus dans le projet du jeune". Pierre Yves Le Bozec, président du syndicat, a acquiescé en soulignant la faiblesse des DJA accordées dans les dossiers porcs au regard des montants d'investissements. Il a également fait remarquer que si certaines dotations étaient réévaluées, il faudrait en diminuer d'autres pour conserver la moyenne départementale.
Concernant les blocages de prêts bonifiés ou de subventions telle que la PMBE, les responsables ne peuvent que déplorer l'attitude de l'Etat qui tarde à respecter ses engagements. Bruno Le Dru s'est tout de même réjouit d'avoir, au niveau national, infléchit la volonté de l'Etat de basculer les aides sur les prêts bonifiés vers la DJA. "Nous nous sommes opposés à ce souhait. Les cédants connaissent les montants des dotations et en profitent pour augmenter les prix à la vente".
Une section structure peu efficace
"Malgré la priorité donnée à l'installation dans les demandes d'autorisation d'exploiter, les modes de contournement de la section structure se multiplient" déplore Jérôme Couedic, secrétaire général. La nouvelle loi d'orientation agricole est plus libérale et diminue le pouvoir d'intervention de cette section. Les JA dénoncent également l'attitude des agences foncières immobilières qui contribuent à affecter du foncier agricole à d'autres usages ou, dans la transmission d'exploitations, proposent des contrats empêchant toute marge de manœuvre à la section installation. Enfin, ils mettent en garde contre les mises en Gaec douteuses pour lesquelles aucune consultation sur l'attribution du foncier n'est nécessaire, notamment lorsque l'un des associés est proche de la retraite. Sylvie Robin, élue à la Chambre, a précisé qu'un travail est en cours au niveau régional avec tous les interlocuteurs des commissions d'agrément de Gaec pour éviter ces dérives.
"Avec le service Odasea et la Safer, nous devons travailler de concert pour anticiper les départs et prévoir le renouvellement des générations" poursuit Jérôme Couedic "Il nous faut faire de la prospective au niveau local pour l'aménagement des exploitations". Les JA souhaitent également former les membres des comités structures, au niveau local et départemental, afin que chacun soit sur les mêmes bases de prises de décision et ait le même niveau de connaissance des dossiers.
Bernard Laurent
Photo : Pierre Yves Le Bozec a présidé l'assemblée générale des JA à St Allouestre mardi dernier. Il a présenté la nouvelle équipe à la tête du syndicat. A ses côtés, Jérôme Couedic, secrétaire général.