
Depuis une dizaine d'années, la consommation mondiale de céréales est supérieure à la production. Les stocks atteignent un niveau très bas. Alors que le seuil critique des stocks mondiaux est estimé à 65 jours de consommation, ils atteignent seulement 50 jours", a relaté Jacques Commere, animateur à l’OPG (Organisation des Producteurs de Grains) lors de l'assemblée générale de la Coordination Rurale d'Ille-et-Vilaine. L'OPG est une section nationale de la Coordination Rurale.
A partir de 2002, des financiers (travaillant surtout pour des fonds de retraite anglo-saxons) se sont intéressés au marché des céréales, qui est devenu spéculatif. Jacques Commere met en exergue une aberration : "Seulement 13% de la production de céréales est échangée sur le marché mondial. Et c'est sur ce volume que vont se faire les prix". Pour l'OPG, "face à l'absence totale d'organisation des marchés des grains, des éléments mineurs ont des effets particulièrement destructeurs pour tous les agriculteurs dans le monde".
Protection des frontières
Selon le syndicat, il est indispensable de rééquilibrer les productions européennes en développant les cultures d'oléoprotéagineux et en diminuant les surfaces en céréales. "Pour cela, il faut mettre en place une préférence communautaire sur l'ensemble des marchés agricoles et agroalimentaires. Au niveau mondial, chaque pays doit pouvoir protéger son marché, sa politique agricole et ses producteurs".
Le responsable précise toutefois : "le prix des céréales est tout juste revenu au niveau que connaissaient les producteurs il y a une vingtaine d’années, ceci en monnaie courante. Il devrait se maintenir si on considère le manque de stocks de céréales et l’éventuel développement des agro carburants". Et d'ajouter : "Par contre, la hausse a été si brutale qu'elle a déstructuré les filières. Les prix des produits agricoles restent à des niveaux très bas. Le développement logique voudrait que le prix des matières premières soit répercuté en aval". Aux yeux de Jacques Commere, la situation actuelle des marchés se montre positive sur un autre point : "Les gens prennent de plus en plus conscience de la fonction nutritionnelle de l'agriculture".
Face aux grandes fluctuations du marché des céréales, l'animateur a exposé aux adhérents de la Coordination Rurale 35 les possibilités offertes par le marché à terme : "C'est une assurance. Les options permettent de rester dans le marché". Il a aussi affiché la position de son syndicat contre les OGM, "qui auraient un effet de dépression sur les prix. Attendons…".
Agnès Cussonneau
Photo : Eugène Baratte, président de la Coordination Rurale 35 (à gauche), et Yves Georges, secrétaire.