
Les assemblées de secteurs du contrôle laitier ont débuté mardi à Plédéliac pour le secteur Rance-Penthièvre et vont se poursuivre sur deux semaines.
Les propos filmés de Jo Lancien, directeur de la production d’Entremont Alliance, permettent d’abord de situer les raisons de la flambée des cours des matières premières courant 2007, ce qui induit l’augmentation des prix à la production sur 2008. Malgré un réajustement prévisible, et déjà annoncé, dans quelques mois la tendance semble restée favorable. « D’autant plus que si le prix des céréales reste élevé, d’autres régions européennes (à L’Est notamment) seront plus tentés par le végétal que par l’animal ». Il appelle cependant les éleveurs à permettre aux outils industriels de bien fonctionner toute l’année en assurant une production régulière.
Adaptation et réactivité
Tendance favorable donc, mais aussi sans doute contexte plus fluctuant dans les années à venir, nécessitant une adaptation de la production, avec une incertitude quant à l’après quotas. La forme de contractualisation entre éleveurs et entreprise se réfléchit, mais n’est pas encore finalisée. Ainsi au cours de cette campagne, les éleveurs ont été invités à produire plus. La réactivité a d’ailleurs été bonne, meilleure qu’estimée au départ par les opérateurs eux-mêmes.
Pour les éleveurs, il est évident que cela implique de repenser à certains moments la conduite alimentaire de leur troupeau. Plus de lait, peut vouloir dire plus de vaches ou plus de lait par vache. Mais pour certains, déjà contraints par l’environnement, sur les BV contentieux notamment, le plus de vaches n’est même pas envisageable. Le plus de lait par vache peut alors être la solution. Encore faut-il le pouvoir, car si le niveau de production est déjà élevé cela peut s’avérer un peu plus compliqué. Et dans tous les cas, l’éleveur va devoir s’assurer qu’elle soit économiquement rentable. En fait chaque éleveur va devoir adapter la solution à sa situation.
Prudence
Ce sont tous ces aspects que développent les techniciens du Contrôle laitier, du pôle herbivores de la Chambre d’agriculture et les chercheurs de l‘Inra. Jean Louis Peyraud de l’Inra a notamment insisté à plusieurs reprises qu’un des axes importants demeure la valorisation des fourrages de qualité. « On peut faire 8000 à 8500 kg de lait avec un fourrage d’excellente qualité et 400 à 450 kg de concentrés par vache ».
Pauline Defrance, ingénieur au contrôle laitier a quant à elle rappelé les réponses que l’éleveur peut attendre d’un correcteur azoté ou d’un concentré de production. Constat : le correcteur azoté (3,2 kg de soja) se traduit par, en moyenne, + 4,2 kg de lait. La courbe de progression est forte au départ et fléchit rapidement à partir de 3 kg. De même si la réponse du concentré de production est rapide et meilleure en début de lactation, elle est plus faible avec un bon maïs. Trop de céréales entraînent un risque d’acidose. « Mieux vaut se limiter à 3 ou 4 kg étalés sur deux repas ».
Face aux nouveaux concepts nutritionnels et aux additifs qui fleurissent la réponse est plutôt à la prudence. « Il y a plus d’arguments commerciaux que de réalités scientifiques ». Ne rejetant pas tout systématiquement comme l’utilisation du bicarbonate de soude ou le propylène glycol (en curatif) , face aux propositions, les techniciens invitent les éleveurs à bien cerner plusieurs points : objet réel, l’indicateur de besoin dans le troupeau, les résultats vérifiés, l’intérêt économique.
Pierre Dénès
Photo : Une salle particulièrement bien remplie à Plédéliac