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OEUFS / Directive européenne bien-être - Moins de quatre ans pour améliorer le logement des poules
 

Dans un marché proche de l'équilibre, l'année 2007 aurait dû apporter des résultats satisfaisants aux acteurs de la filière œufs. Chez les producteurs, compte tenu des contrats, l'année a été satisfaisante. Ce n'est pas le cas pour les autres acteurs du marché se livrant une lutte pour vendre des œufs coquille aux GMS ou des ovoproduits aux industriels, dans un contexte de hausse des matières premières. 2008 devrait être meilleur avec le redressement des cours, à condition que les matières premières ne poursuivent pas leur hausse et que la consommation d'œufs ne baisse pas.  

Applicationde la Directive

La mise aux normes bien-être demeure la grande inquiétude des producteurs. Depuis 2003, les poules en cages disposent de 550 cm2 par animal. Pour les élevages qui ont investi ou rénové leurs installations depuis cette date, la norme de  750 cm2 a été appliquée ainsi que la présence d'accessoires (perchoirs, grattoirs…). Un rapport d'étape devait être réalisé en 2005 par la Commission. Et l'ensemble des élevages devait appliquer la norme de 750 cm2 à partir de 2012. Les deux ans de retard dans la sortie de ce rapport ne modifieront pas l'échéance finale. En effet, la sortie du rapport de l'Union, en décembre dernier, ne laisse guère de doute sur l'application des nouvelles normes au 1er janvier 2012. La Commission justifie cette mesure par la demande des consommateurs. Le commissaire européen, Markos Kyprianou, encourage les éleveurs à abandonner rapidement les cages non-aménagées et estime le surcoût à moins de 1 ct de l'œuf.

Un tiers du cheptel français

"Il reste moins de 4 ans aux éleveurs pour se mettre aux normes", estime Jean Quennemet, président d'Armor Oeufs. On estime qu'en France, 21 % des effectifs sont en systèmes alternatifs (plein air, bio, sol) et respectent les normes de bien-être (estimation de 25 % en 2012). 20 % des effectifs sont dans des cages aménagées ou aménageables. "On peut penser qu'en 2012, une poule sur deux sera aux nouvelles normes. Ce qui veut dire que plus d'un tiers du cheptel français sera encore aux anciennes normes", souligne le président.
"Nous ne serons pas prêts pour le 1er janvier 2012 et cela suscite de nombreuses interrogations", affirme Jean Quennemet. Les éleveurs proches de la  retraite ou sans succession n'envisagent pas de réinvestir. Bruxelles ne parle pas d'accompagnements financiers pour la transformation ou la restructuration d'élevages, voire la cessation d'activités.
Pour François Saint Lager, de Breizh Europe, "il est illusoire de penser avoir un report de la date d'application. La Commission considère, que depuis 1999, date à laquelle la directive a été adoptée, les éleveurs ont eu le temps de se préparer aux aménagements". Par contre, au niveau du Comité vétérinaire permanent, la moitié des pays membres s'opposent aux conclusions du rapport. "Il y a donc problème et il semble que la Direction chargée des marchés va examiner la situation, notamment le volet économique".

Segmentation du marché

"On risque d'avoir plus de segmentation dans le marché de l'œuf", pense J. Quennemet. À l'échéance 2012, l'œuf coquille sera vendu aux "normes bien-être". Qu'en sera-t-il pour les œufs destinés à la casserie ? Comment évolueront les importations ? "Il ne faut pas que la cage dite enrichie soit source d'appauvrissement pour les éleveurs". Les producteurs devront être accompagnés, au cas par cas, notamment tous ceux qui ont la compétence et la volonté de poursuivre. "Le défi à relever est important car toute une filière va se retrouver avec des cages neuves et donc des coûts de revient élevés"."En 2012, on ne mettra pas à l'écart ceux qui ne sont pas aux normes", estime François Saint Lager. Il pense qu'il est urgent d'avoir une photographie précise des élevages français. Combien ne pourront pas être aux normes ? Quel est le montant d'aides nécessaire pour la mise aux normes ou pour sortir de la production. Ces données permettront à la Commission de faire une approche économique plus précise de la situation.   
Patrick Bégos

 

Stabilisation des performances

Avec ses 4,6 millions de pondeuses, Armor Œufs est le premier groupement français de production d'œufs (1,3 milliard d'œufs/an soit 10 % de la production nationale). Les performances des élevages sont stables au niveau de la masse d'œufs produite (19,79 kg par poule à 72 semaines) et de l'indice de consommation (2,12 de 18 semaines à la réforme). Pour un bâtiment neuf de 60 000 poules, sur la base d'un investissement de 24 euros par poule et d'un emprunt sur 12 ans, le prix de revient est de 0,925 euro/kg d'œuf ou de 5,77 euros pour 100 œufs.

 

Légende : D'ici 2012, les poules devront disposer de 750 cm2, d'un nid, d'un perchoir…   


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Date de l'article : semaine du N° du 7 au 14 Mars 2008
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Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





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