
La qualité, c'est un état d'esprit, ce n'est pas qu'une niche ! martèle la présidente de l'association du label Blond d'Aquitaine (ABBA) Maryvonne Leffondré. Il faut vraiment que nos adhérents se sentent impliqués et qu'ils acquièrent un état d'esprit de filière". Dans la ligne de mire de la présidente, la baisse de régime que connaît l'association depuis environ 2 ans. Le tonnage commercialisé en 2007 (540 t) est, ainsi, en recul de 3 % par rapport à celui de 2006 (où les effectifs abattus avaient déjà baissé de 9,5 % par rapport à 2005). Une baisse néanmoins à mettre en relief avec le recul de 13 % enregistré, entre 2006 et 2007, au plan national en terme de poids commercialisés.
Des marchés perdus
De façon globale, la race Blonde d'Aquitaine a pourtant vu ses effectifs progresser récemment en Bretagne, avec 10 % de vaches en plus depuis 2005. Mais ces effectifs supplémentaires n'ont visiblement pas bénéficié au label. Résultat : "nous ne sommes par exemple pas en mesure de répondre présent à l'un de nos abatteurs qui nous propose de nouveaux points de vente, déplore Maryvonne Leffondré. L'approvisionnement en vaches de 5 à 9 ans n'est pas suffisant". En 2007, cette catégorie a représenté 18 % des volumes commercialisés (soit 401 animaux), loin derrière les génisses, qui ont constitué 59 % des volumes totaux.
Pour la présidente de l'association, le fait de ne pas pouvoir honorer ce marché constitue un signal d'alarme. "Il faut à tout prix éviter une rupture. La filière existe mais nous devons maintenant la conforter". D'autant plus que les débouchés peuvent s'avérer éphémères : 6 des 54 boucheries traditionnelles vendant du bœuf blond d'Aquitaine en Bretagne ont arrêté en 2007, pour cause de non reprise ou autre. Or, parmis les volumes commercialisés en points de vente, 65 % le sont chez les artisans bouchers.
Une question de prix
À l'origine du désintérêt des éleveurs pour la filière label, le nerf de la guerre : le prix. En 2007, le prix moyen payé au producteur, toutes catégories confondues, a atteint 4,43 euros / kg, contre 4,36 euros l'année précédente. À deux reprises, des augmentations ont été pratiquées sur les vaches de 5 à 9 ans (catégories U- à E et R+). "Cependant, reconnaît Maryvonne Leffondré, l'écart de prix entre label et non label s'effrite". La grille de prix label séduit, en toute logique, moins d'éleveurs. "Mais il ne faut pas oublier qu'elle tire tout le secteur vers le haut, ajoute la présidente, et qu'en cas d'année difficile elle constitue une garantie". Parce que cet argument est difficile à faire valoir à court terme, l'association met en avant d'autres atouts, comme l'organisation de formations et de réunions techniques en direction des adhérents, sur la finition ou encore sur l'élevage des génisses. "Tous les ans, nous récapitulons les données de chaque éleveur en terme d'approvisionnement au label et nous lui indiquons ses marges de progrès possibles, indique Maryvonne Leffondré. Il y a un réel suivi".
Difficile de savoir si ces arguments seront suffisants pour renverser la tendance actuelle de baisse de production. En face, la consommation de viande bovine label semble, de son côté, connaître un essoufflement depuis la fin de "l'effet ESB" qui avait vu progresser les signes de qualité. À la boucherie - charcuterie Corduan d'Hillion (22), où l'on travaille avec le label Blond depuis plus de 10 ans, les volumes écoulés n'ont en revanche pas connu de baisse particulière. "Les clients ne nous parlent pas du label Blond quand il y en a, mais ils nous font remarquer quand il n'y en a pas !", relate Guillaume Corduan. L'équivalent d'un demi-animal est vendu chaque semaine dans le magasin. Pour les propriétaires, l'objectif est de travailler avec des animaux pesant au maximum 440 kg pour ne pas avoir de morceaux trop coûteux à faire payer. Un élément de plus à prendre en compte pour les producteurs, alors qu'en 2007, le poids moyen des animaux commercialisés en label Blond en Bretagne a atteint 456 kg. À noter, enfin, que les artisans bouchers sont en recherche de qualités de carcasses régulières dans l’année.
Anne-Laure Lussou
- 7 % en Label Limousin
Le GIE Proralim compte actuellement 358 éleveurs en Bretagne, Loire-Atlantique et Manche, contre 430 l'année précédente. Soit un effectif comparable à celui du Label Blond breton (359 éleveurs). Les quantités commercialisées en label Limousin en 2007 (690 t) ont été inférieures de 7 % par rapport à celles de l'année précédente. "La baisse s'est enclenchée il y a 4 ans", indique Pauline Caro, animatrice du GIE. Le nombre d'animaux abattus avait baissé de 0,6 % en 2006, avec un taux de labellisation constant de 96 %. La structure compte actuellement 72 points de vente. De son côté, l'Association Bœuf Charolais Bretagne compte 123 producteurs, soit un effectif en baisse depuis 2003. Le nombre d'animaux abattus a en revanche repris des couleurs en 2007, avec 854 animaux. La structure compte actuellement 20 points de vente et recherche avant tout une régularité de qualités de carcasses, sans excès de gras.
Légende : Pour la présidente de l'association du label Blond d'Aquitaine Maryvonne Leffondré, il est fondamental de développer l'esprit de filière.