
E n 2007, plus de 100 exploitations d'Ille-et-Vilaine ont demandé à bénéficier de la Mesure Agro-Environnementale (MAE) "Système fourrager économe en intrants" (SFEI). Ce qui représente en une année autant que l'ensemble des CTE – CAD herbagers signés entre 2001 et 2006. "En 2008, les producteurs intéressés (bovins, ovins, caprins) peuvent à nouveau déposer une demande avant le 15 mai", explique l'association Adage (Agriculture durable par l'autonomie, la gestion et l'environnement) qui souhaite promouvoir cette mesure via des demi-journées d'information (voir ci-contre). "C'est un levier pour aider à la consolidation et au développement de l'agriculture durable". A noter que cette MAE est applicable sur l'ensemble de la Bretagne.
75% de la surface fourragère en herbe
L'agriculteur s'engageant dans cette MAE doit notamment respecter une part minimale d'herbe de 55% de la SAU et de 75% de la surface fourragère. Au contraire, la part de maïs consommé ne doit pas dépasser 18% de la surface fourragère. Par ailleurs, les achats d'aliments concentrés et les traitements phytosanitaires sont limités. Les couverts végétaux sont à détruire mécaniquement. La fertilisation doit respecter un maximum d'apports azotés totaux de 170 unités d'azote/ha de SAU en moyenne, avec un maximum de 140 unités d'azote organique/ha de SAU en moyenne (autres limites en azote minéral selon les cultures). La contractualisation s'étend sur 5 ans, le niveau d'aide se situe à 130 euros/ha/an avec un plafond à 7 600 euros par exploitation et par an (transparence Gaec).
Xavier Taupin, jeune agriculteur sur la commune de St Jean sur Vilaine, s'est inscrit dans la mesure SFEI en 2007. Installé en 2004 à la suite de ses parents, il a progressivement mis en place un système simple et économe sur son exploitation, incluant la réduction des cultures de vente et l'arrêt des bovins viande. "Mes surfaces en céréales sont passées de 10 ha à 1,5 ha. En maïs, elles ont baissé de 10 à 6 ha. Je souhaite produire mon quota de 220 000 L avec un maximum d'herbe, pour gagner en autonomie. Cela permet aussi d'étaler le travail sur toute l'année", témoigne Xavier Taupin dont l'exploitation offre 25 ha accessibles en pâturage (63 ares/VL), sur les 42 ha de SAU.
De fin mars à fin septembre, les vaches sont exclusivement nourries au pâturage. Les 34,5 ha de prairies temporaires sont implantées en RGA, fétuque et trèfle blanc. L'agriculteur achète globalement 100 kg/UGB/an de concentrés. Côté phytosanitaire, Xavier Taupin limite le désherbage chimique sur maïs à un passage à 2/3 de dose selon les années, et deux passages de désherbage mécanique sont effectués (dans le cadre du Bassin Versant du Symeval-Vilaine amont). Sur le mélange céréalier (poids, triticale, avoine), aucun apport azoté ni traitement n'est appliqué. "Mon objectif est de dégager un revenu sur une exploitation à taille humaine qui respecte les sols, la qualité de l'eau, le bocage…", conclut le jeune agriculteur.
Agnès Cussonneau
Photo : De gauche à droite : Michel Priour (président de l'Adage), Joël Restif (vice-président) et Xavier Taupin, jeune agriculteur installé à St Jean sur Vilaine.