
Confort, temps de travail, évolution de l’exploitation et bien sûr coût, autant d’éléments qui vont entrer dans la réflexion d’un éleveur qui doit investir dans une installation de traite, soit pour la rénover, soit pour la remplacer. « La réflexion sera différente entre un éleveur qui est dans la perspective d’une installation neuve et celui qui peut se contenter d’une rénovation », note Vincent Jégou, ingénieur à la Chambre d’agriculture.
Déterminer ses priorités
Dans le cadre d’une rénovation, la première question est sans doute de voir si l’existant peut être adapté. Dès lors on réduit les coûts, surtout s’il suffit d’ajouter quelques postes, à condition de retrouver du matériel similaire, de pouvoir dégager de la place…Lorsqu’il s’agit d’une installation neuve le choix est effectué, le plus souvent, pour 15 ou 20 ans. C’est d’abord un investissement lourd dont le poids va varier en fonction de la solution retenue entre 20 et 50 euros pour 1000 litres. La fourchette est donc large.
L’éleveur va devoir se fixer des priorités en fonction de sa capacité financière, de la main-d’œuvre disponible, de ses objectifs, de la taille du troupeau actuel et des évolutions possibles à court ou moyen terme. Vincent Jégou prend l’exemple de la maintenance dont le coût peut varier de 3,5 à 12 euros pour 1000 litres. « Plus globalement au niveau financier, l’exploitation ne doit pas se brider totalement pour plusieurs années, si d’autres investissements vont s’avérer incontournables ».
Avantages et inconvénients
Au niveau de la main-d’œuvre, sur des troupeaux conséquents en fonction de l’installation (au-delà de 2x6 en EPI ou Traite par l’arrière) la présence de deux trayeurs risque de s’imposer. Les aspects confort de travail rentrent aussi en ligne de compte.
Ainsi en Epi 30° la visibilité et l’accessibilité de la mamelle seront bonnes, mais avec les risques de coups de pieds et des déplacements importants au-delà d’un certain nombres de postes. En Epi 50 60°, la sécurité du trayeur sera meilleure, les déplacements réduits, mais moins de visibilité sur l’animal et la mamelle.
En roto intérieur Epi, également bonne visibilité et accessibilité de la mamelle et vue sur l’ensemble des animaux, mais aussi risques de coups et sortie difficile du trayeur pendant la traite (sauf tunnel). En roto extérieur perpendiculaire on retrouve la sécurité et l’accès aisé vers les autres locaux, par contre moins de visibilité sur la mamelle et absence de vue de l’ensemble des animaux pendant la traire. Le roto est une solution adaptée à des troupeaux de 80 vaches et plus et qui présente l’avantage d’être évolutif.
La solution robot adoptée le plus souvent pour optimiser les aspects travail et main-d’œuvre, si la capacité financière le permet, répond aussi à une attente de certains éleveurs.
Au final, pour les éleveurs en cours de réflexion, Vincent Jégou conclut « Il n’y a pas une solution, mais plusieurs possibilités. Il faut donc se poser les bonnes questions et adapter ensuite ses choix en fonction des priorités et des possibilités techniques et financières ».
Pierre Dénès
Photo : Vincent Jégou, ingénieur à la Chambre d’agriculture