
Une partie importante des pollutions ponctuelles par les produits phytosanitaires provient des manipulations réalisées dans les sièges des exploitations. C'est ce qui a motivé le Crodip à mettre en place une démarche de diagnostic des installations et des pratiques par un réseau de techniciens agréés. Ce réseau est formé à la démarche de diagnostic mais également aux nouvelles réglementations : arrêté phyto du 12 septembre, conditionnalité des aides, PVE…
Une démarche volontaire
Ces agents ont pour mission d'assister techniquement les exploitants, Cuma et ETA intéressés, afin qu'ils soient en phase avec la législation et puissent obtenir des aides aux investissements. La démarche, volontaire de la part des exploitants, est la seule action régionale reconnue et validée par l'administration bretonne.
Le diagnostic est réalisé uniquement par un technicien agréé par le Crodip, en présence de l'exploitant (durée d'environ 3 heures). Il lui remet, dans les 30 jours, un dossier comprenant son diagnostic et des fiches techniques d'aménagement. Sept points sont abordés durant ce diagnostic : le transport des produits, le local de stockage, la protection de l’utilisateur, le poste de remplissage, l'équipement du pulvérisateur, la gestion des fonds de cuve, la gestion des déchets (PPNU, EVPP...).
Aides aux diagnostics et aux investissements
Deux types d’aides sont alloués par le Conseil régional aux exploitants bretons, CUMA et ETA. L'aide au diagnostic (250 euros) permet de financer 50 % du coût HT du diagnostic (500 euros).
Cette démarche permet également d’obtenir une aide à l'investissement sur le local de stockage, l’aire de remplissage (et ses accessoires) et certains équipements du pulvérisateur, dont la cuve de rinçage. L'aide est de 40 % du coût HT des travaux de remise en conformité (coût moyen estimatif 2 500 e HT). Cette aide est plafonnée à 1 000 e par dossier.
Pour percevoir cette aide, les travaux doivent être réalisés dans les 18 mois qui suivent la réalisation du diagnostic. Ils doivent être conformes aux consignes données dans le rapport et dans les fiches techniques. Le chantier est validé par la visite de fin de travaux de l'agent agréé. Les factures doivent être acquittées et postérieures à la date de réalisation du diagnostic. Seules les factures d’achats de fournitures ou de prestations d’entreprises sont acceptées (la main d’œuvre correspondant à l’ « auto construction » n’est pas prise en compte).
Plus de confort de travail
Cette démarche de diagnostic permet d'être assisté techniquement par un spécialiste formé et agréé. Elle permet d'être en phase avec la législation et la conditionnalité des aides. L'aménagement est conçu selon un cahier des charges reconnu par l'administration bretonne. Il permet un meilleur confort de travail, une meilleure sécurité vis-à-vis de l'applicateur et aussi de l'environnement. L'aménagement facilite aussi la gestion des produits phytosanitaires et permet un meilleur débit de chantier. Tout ce qui concerne les produits phytosanitaires est regroupé sur le même site : stockage des produits, préparation des bouillies, remplissage et remisage du pulvérisateur. Le fait d'être accompagné évite de faire des erreurs et de mieux cerner ses investissements.Les aménagements réalisés ne sont pas contrôlés par le financeur, ni par l’administration ou un autre service. L'agent agréé réalise une visite de fin de travaux pour valider l’aménagement et la remise des aides. Le Crodip est susceptible de visiter certaines réalisations. Une attestation officielle est remise à l'exploitant ainsi qu'une pastille bleue.
Patrick Bégos
Photo : L'aménagement de son site phytosanitaire est une démarche aidée et peu coûteuse.