
Lors de leur assemblée générale, le 15 février à Rennes, les Jeunes Agriculteurs se sont projetés dans l'avenir de leur profession, à échéance 2020. En s'appuyant sur une étude du CER France 35, ils ont considéré 3 schémas d'évolution des exploitations laitières d'Ille-et-Vilaine. "La première tendance s'oriente vers une agriculture de proximité, qui constitue une niche de production".
Deuxième possibilité : "Dans un contexte de marché maîtrisé, l'optimisation des facteurs de production devrait être renforcée avec des exploitations d'une taille moyenne de 1,7 UTH sur 70 ha pour 335 000 L de lait". Enfin, "si le marché est libre, on ira vers des exploitations plus grandes avec une très forte restructuration, de type 2 UTH sur 100 ha, pour 750 000 L de lait. Seuls ceux qui auront pu acquérir du foncier tireront leur épingle du jeu".
Face à l'augmentation des moyens de production sur les exploitations laitières, les JA souhaitent éviter un renforcement de la pression foncière. "De plus, dans un marché fluctuant nécessitant de la réactivité, une partie du foncier permettra de sécuriser l'épandage en donnant des marges de manœuvre pour des productions supplémentaires. La conséquence sera la perte de surfaces d'épandage pour des producteurs tiers (porcs, volailles…). A cela, s'ajoutent les 2500 ha qui disparaissent chaque année en Ille-et-Vilaine pour l'urbanisme".
Gestion collective des effluents
Pour les JA, le collectif fait partie des solutions. "Nous avons su par le passé nous regrouper pour mieux vendre nos produits et déléguer une partie de notre activité aux coopératives. Pourquoi la gestion des effluents ne se ferait-elle pas au même titre que le lait ou la viande ? Nous pourrions organiser un réseau d'échanges entre notre région d'élevage et des régions céréalières. La valorisation de l'azote pourrait même intéresser des groupes privés", expriment les JA en donnant des pistes de valorisation des effluents : séchage de fiente, méthanisation, co-compostage déchets verts-fumier… Ils souhaitent aussi optimiser les solutions actuelles en utilisant les surfaces encore disponibles.Mais aux yeux des syndicalistes, "la mise en place de ces solutions de bon sens passe par davantage de compréhension des populations riveraines et par l'évolution de la réglementation environnementale. Il est temps que le législateur prenne conscience que la résorption n'est pas la seule réponse".Intervenant au débat, Jean-Pierre Lebry (adjoint et seul élu agriculteur à la mairie de Vitré) témoigne des difficultés rencontrées pour les plans d'épandage, les installations classées… "Cela demande beaucoup de communication. Nous devons expliquer aux gens le besoin du maintien de l'agriculture". Plusieurs participants rappellent la nécessité d'avoir des élus locaux agriculteurs. Et l'importance qu'ils soient formés et qu'ils s'intéressent à des dossiers hors agriculture pour pouvoir trouver des solutions communes.
Agnès Cussonneau
Photo : De gauche à droite : Luc Mangelinck (responsable du service études au CER France 35), Hervé Coupeau (trésorier adjoint à JA national), Nathalie Macé (présidente des JA 35) et Jean-Pierre Lebry (adjoint à la mairie de Vitré).