
M ais où sont les plus jeunes éleveurs de Blondes d'Aquitaine ? Alors que, depuis 5 ans, la race est celle qui évolue le plus dans le département parmi les races à viande, avec 500 vaches de plus chaque année pour atteindre actuellement 7 700, le nombre d'adhérents au syndicat départemental ne décolle pas. Ils sont aujourd'hui 30 éleveurs, regroupant au total 772 vaches inscrites, soit 10 % des effectifs de vaches Blondes du département.
"Dans ce contexte, nous devrions être plus nombreux. Or nous n'arrivons pas à mobiliser", déplore Yves Le Net, président du syndicat, devant les membres présents à l'assemblée générale de la structure, vendredi 8 à Caulnes. Et de s'interroger sur de possibles animations à organiser pour attirer plus de jeunes. "Pourquoi pas quelque chose une fois dans l'année en partenariat avec des groupements et la Chambre d'agriculture. Il va falloir explorer ces pistes", évoque-t-il, conscient néanmoins de la demande en temps qu'impliqueraient ces actions, tout comme l'implique déjà l'organisation des concours. Pour les éleveurs présents à l'AG, le manque de disponibilité ou d'envie de s'impliquer des plus jeunes, ainsi que les perspectives parfois peu réjouissantes données à la filière viande, sont les explications de cette démobilisation. Difficile, ensuite, de remobiliser, même s'il paraît pourtant primordial que la transmission se fasse entre anciens et plus jeunes éleveurs.
Pour Frédéric Goupil, de Kerguelen (Montauban-de-Bretagne), le message est pourtant clair : "on peut encore s'en sortir en Blonde". À condition néanmoins de veiller à la bonne finition de ses animaux, en visant comme objectifs les poids demandés par sa filière de commercialisation. À chacun, ensuite, d'opter pour la ration de son choix.
Du mash en finition
Éleveur ayant ouvert les portes de son élevage à la trentaine de personnes présentes à l'AG, Alain Tual, installé à Caulnes, a pour sa part opté pour la solution mash pour les trois derniers mois de ses animaux. En plus d'un atelier laitier (Montbéliarde) et d'un atelier porc, Alain Tual conduit en Gaec à trois un troupeau de 35 mères Blondes d'Aquitaine en système naisseur - engraisseur. Sur les trois dernières années, toutes les vaches et génisses abattues en label (20 femelles) l'ont été en classe U, sauf une en R+. Parmi les facteurs de réussite, outre l'alimentation, on peut citer l'ambiance du bâtiment, qui permet à chaque vache de disposer de 13 m2. Enfin, l'élevage a la particularité de laisser une large place à l'insémination animale : en 2007, sur 35 veaux nés, 30 l'étaient d'IA.
Anne-Laure Lussou
Photo : L'assemblée générale du syndicat départemental s'est prolongée par la visite de l'élevage d'Alain Tual, naisseur - engraisseur à Caulnes.