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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lapins | Article n°8130 |
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Lapins / Hausse des coûts, baisse des prix de vente - La filière cunicole en grande difficulté
 
A vec la baisse du prix du vif et l'envolée des matières premières, les coûts de production de la viande de lapin ne sont plus couverts. En effet, la hausse des matières premières pèse lourdement car l'aliment représente 60 % du coût de production du lapin. L'indice Itavi (coûts de matières premières lapin) a progressé en moyenne de 38 %, en 2007. Le prix de l'aliment a déjà augmenté de 60 euros/t, l'an passé, ce qui représente une perte de 8 000 à 10 000 euros pour un élevage moyen (40 à 50 % du revenu de l'éleveur).

Nouvelle hausse du prix de revient

De nouvelles hausses sont prévues début 2008, notamment pour la luzerne, les sons, la pulpe de betterave. L'aliment pourrait encore augmenter de 20 à 30 euros/t.. Par rapport à janvier 2007, l'augmentation du prix de l'aliment de 90 euros/t. a une incidence de 0,38 euro/kg sur le prix de revient en vif (+ 25 %). Sur une année, cela représente 24 000 à 30 000 euros par élevage. Avec ce niveau de pertes, le revenu devient rapidement négatif.
Second facteur de crise : le déséquilibre entre l'offre et la demande. "Alors que la consommation avait progressé de 3% /an en 2004 et 2005, la tendance s'est inversée en fin 2006. La consommation aurait augmenté de moins de 1 %, en 2007, alors que la production a progressé de 2,3 % en volume, compte tenu de l'amélioration des performances d'élevage. Ce décalage de 1,3 à 1,5 % gène les industriels, les obligeant à congeler des volumes importants de lapin", souligne Eric Guillermic, du Gaelap-Syprolap.

Stocks en hausse, prix en baisse

Fin décembre 2007, le niveau des stocks (1 400 t.) était supérieur de 22 % à celui de décembre 2006. Ceci malgré les efforts de régulation faits par les éleveurs durant l'été 2007. En effet, les quotas de réduction de production ont été portés à 12 % sur la période estivale au lieu de 8 %, auparavant. En janvier 2008, les stocks seraient à nouveau en croissance. Les débouchés du lapin sur le marché européen se font souvent à prix bradés (moins de 2 euros le kg vers le marché espagnol).
"Dans ce contexte excédentaire, le prix de reprise du lapin vif est en recul de 3 % en 2007, par rapport à 2006, s'établissant à 1,564 euro/kg (- 4,5 ct d'euro). Sur les 7 premières semaines de 2008, on perd à nouveau 1 ct d'euro/kg par rapport à la même période de 2007". La consommation stagne. En effet, le lapin est une viande surtout achetée par impulsion. La stagnation du pouvoir d'achat des ménages et le manque de visibilité dans les rayons constitue un frein aux achats. Dans un contexte de concurrence entre viandes, la position du lapin est fragile. Les petits abattoirs sont eux-mêmes en situation financière difficile, avec le risque d'avoir une diminution des enlèvements, à l'avenir.

Des actions et des projets

• Réduire la production de 5 %
Des campagnes promotionnelles ont été mises en place en 2007. La priorité de la filière, en 2008, est d'encadrer la production pour adapter l'offre à la demande. Un accord interprofessionnel est mis en place pour réduire de 5 % le niveau de production au plan national par rapport à 2007. Concrètement, cela correspond à une baisse des mises en marché de 8 % sur les semaines 12 à 18 et de 12 % sur les semaines 18 à 34, avec l'espoir de faire remonter les prix.
• Une meilleure coordination entre groupements et abattoirs
"Il est indispensable d'avoir une adaptation plus fine des volumes de production aux besoins, de façon à n'élever que les lapins vendables", déclare Eric Guillermic. Vingt semaines à l'avance, une analyse concertée entre groupements et abattoirs doit permettre d'estimer la demande, semaine par semaine. "Les élevages peuvent ensuite, 15 semaines à l'avance, décaler les inséminations de manière à réduire les mises en marché en semaine creuse". Ceci nécessite un travail plus pointu au niveau des plannings. En parallèle, les distributeurs (GMS) doivent également évoluer en mettant plus en valeur le rayon lapins.
• À court terme, un soutien pour passer le cap difficile
Le prix de revient incluant la rémunération du travail se situe entre 1,90 et 2 euros par kg vif, en fonction des élevages. Avec un prix de vente autour de 1,60 euro/kg, l'écart est de 0,30 à 0,40 euro/kg, si bien que les trésoreries continuent à se dégrader rapidement. Un million d'euros a été accordé à la filière, pour compenser les pertes de l'été 2007, (réparti pour moitié entre producteurs et abatteurs). Les producteurs souhaitent instamment qu'un dispositif de fonds d'allègement des charges (Fac) soit mis en place ainsi qu'une bonification des charges financières. Une majorité d'éleveurs sont motivés par leur métier, ils ont besoin d'un soutien pour passer le cap difficile et d'une meilleure visibilité à moyen terme pour poursuivre l'amélioration des performances.    

Patrick Bégos

Photo : La conduite en bandes, l'amélioration des bâtiments, de l'alimentation et de l'abreuvement ont permis une progression de la productivité des élevages de lapins.    


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Date de l'article : semaine du N° du 22 au 29 Février 2008
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Alain Boutin et Marie-Laure Ropers à Ploubazlanec (22) / Un écrin d'arbustes et de fleurs pour se détendre





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