
Maintien des outils de gestion des marchés
La profession est unanime pour demander le maintien des outils de gestion d'une manière générale (l'intervention notamment). "La bonne année 2007 en céréales et en lait pourrait nous faire croire que l'on en a plus besoin. Ce n'est pas le cas. La libéralisation est synonyme de volatilité des prix" met en garde Laurent Kerlir, secrétaire général de la Chambre d'agriculture. Elle demande également la mise en place d'outils de veille qui permettraient de déclencher le stockage privé et les restitutions au bon moment en production porcine. Seule la Confédération Paysanne a tenu à marquer sa différence par la voix de Jean François Guillemot. "Les outils de stockage ne sont pas la seule réponse aux crises. Il faut, au préalable, mettre en place des outils de gestion des volumes produits".
Maintien des quotas laitiers
Les élus de la Chambre demandent de ne pas sortir du système des quotas avant 2015 et refusent l'augmentation systématique annuelle. "Nous approuvons les 2% supplémentaires chaque année si le marché permet de les écouler. Dans le cas contraire, cela correspond à une baisse de 4% du prix. L'augmentation ne doit donc pas être systématique!" déclare Frank Guéhennec, responsable de la production laitière à la Chambre. Le système doit simplement être assouplit pour pouvoir profiter des opportunités de marché. Les responsables demandent qu'une réflexion soit engagée pour créer de nouveaux outils de régulation de l'offre, à terme, pour suppléer aux quotas. La Confédération Paysanne et la Coordination Rurale ont insisté pour que le régime des quotas soit maintenu au-delà de 2015.
Modulation des aides
Les responsables de la Chambre craignent l'augmentation du taux de modulation. Cette ponction sur le premier pilier d'aides (DPU et aides couplées) est versée au second pilier (CAD, PMBE, prime à l'herbe, Installations) dont la Bretagne profite peu. La confédération Paysanne est, au contraire, favorable à une augmentation du taux de modulation. "Cela permettrait de revaloriser le second pilier qui contient des mesures permettant de redorer l'image de l'agriculture". Elle regrette, en outre, que la région n'ait pas saisi l'opportunité d'activer ces mesures agro-environnementales (MAE) auparavant. Laurent Kerlir a précisé que les propositions de la Chambre concernant des MAE spécifiques au bassin de l'Oust ont été refusées.
Régionalisation des aides
Compte tenu du faible niveau d'aides par actif, la profession souhaite une régionalisation pour maintenir le volume d'aides. L'enjeu est de conserver dans la durée l'ensemble des aides actuelles versées à la région, y compris les ponctions liées aux modulations (qui pourraient, si la régionalisation n'était pas adoptée, être transférées sur d'autres régions profitant bien plus des aides du second pilier et des mesures agro-environnementales notamment).. "La régionalisation pourrait regrouper la Bretagne, les Pays de Loire, la Normandie et le Poitou-Charentes" déclare Laurent Kerlir. Pas de mutualisation avant 2013La profession demande que la mutualisation des aides ne soit pas engagée avant 2013 afin d'avoir un temps d'adaptation. La filière lait est, en effet, pénalisée dans la mesure où l'Aide Directe Laitière est comprise dans les DPU. De plus, comme le fait remarquer Pierre Yves Le Bozec, président des JA : "Les jeunes installés ont effectué leurs études économiques prévisionnelles sur la base de perception d'aides historiques. Une mutualisation trop rapprochée pourrait pénaliser certains d'entre eux".
Découplage total des aides
Laurent Kerlir indique: "Nous n'étions pas favorables au découplage lorsque ce système a été mis en place. Aujourd'hui, il est effectif à 75%. Dans une logique de simplification, nous demandons donc le découplage total". Des solutions devront toutefois être trouvées pour ne pas pénaliser la filière veaux de boucherie. La profession demande que, dans leur globalité, les aides soient toutefois conditionnées à l'acte de production.DPU légumes
Les responsables demandent de doter les hectares admissibles (non dotés jusqu'à maintenant) en activant les DPU issus des réserves départementales et des surfaces perdues au profit de l'urbanisme. Il en va, selon eux, de la compétitivité de la filière par rapport aux autres régions productrices françaises.
Bernard Laurent
Photo : L'avenir de la PAC était à l'ordre du jour de la Session Chambre d'agriculture du 8 février dernier à Vannes.