
E n Ille-et-Vilaine, la session extraordinaire de la Chambre d'agriculture concernant le bilan de santé 2008 de la Pac s'est tenue le 6 février à Rennes. En perspective des règlements qui vont être proposés par la Commission européenne en mai 2008, le ministre de l'Agriculture a demandé aux départements, dans le cadre des Chambres d'agriculture (élargies à des représentants des collectivités territoriales, des consommateurs, des associations de protection…), de procéder à une analyse avant le 11 février et de faire remonter les propositions.
Volume d'aides par actif faible
"Le département d'Ille-et-Vilaine est resté très fidèle aux prises de positions du Car (Conseil agricole régional)", a synthétisé Joseph Ménard, président de la Chambre d'agriculture 35, lors d'une conférence de presse. "Nous sommes pour la régionalisation des aides (qui ne représentent que 7-8% du chiffre d'affaires de la Bretagne)". Le volume d'aides par actif étant faible dans le Grand Ouest par rapport à la moyenne française, les professionnels souhaitent maintenir le volume d'aides sur cette zone. "Nous sommes également pour un découplage total des aides dès 2008, en conservant les références historiques jusqu'à 2013", a souligné Gilles Guillomon.
Les professionnels restent favorables au système des quotas laitiers, "mais avec une gestion plus souple qui s'adapterait davantage aux besoins du marché". "Nous demandons aussi un assouplissement par rapport aux mouvements de quotas. La gestion est actuellement départementale. Or certaines zones ne produiront plus leur quota. Nous souhaiterions mutualiser les sous-réalisations avec une mobilité du quota au niveau national en fonction des jeunes installés. En Ille-et-Vilaine, la production laitière représente la grande majorité des installations", souligne Jean-Luc Fossé.
Sur les outils de gestion des marchés, les élus de la Chambre s'opposent au désengagement. Les marchés agricoles actuels, plus tendus, pèsent sans doute à Bruxelles en faveur de davantage de protection. "L'autosuffisance alimentaire est regardée de près par certains états-membres". Sur les risques sanitaires et climatiques, les professionnels penchent pour des solutions d'assurances.
Jean Cézard, le nouveau directeur départemental de l'agriculture et de la forêt, a rappelé que la révision de la Pac va se faire dans le cadre d'un compromis de départ proposé par la Commission européenne, avec 27 pays membres et un budget constant. Les négociations devront aboutir avant la fin de l'année.
Agnès Cussonneau
Photo : De gauche à droite : Joseph Ménard, président de la Chambre d'agriculture 35, Jean-Luc Fossé et Gilles Guillomon.