
Inviter les agriculteurs des bassins versants pour leur parler d'environnement, en dénonçant "l'empirisme" de la réglementation. Tel était le défi de la Coordination rurale qui a organisé son assemblée à Saint-Thonan. Avec ce message de "faux procès fait aux nitrates", appuyé par Christian Buson, agronome à l'Institut de l'environnement à Liffré.
La Coordination rurale rappelle en effet qu'elle "se bat depuis des années pour la révision de la norme nitrates qui ignore le travail de la science". Bref, c'est un combat pour la réhabilitation des nitrates qui s'est tenu le 7 février, à St-Thonan.
“Un dossier inacceptable”
Relais breton de la CR sur le dossier de l'environnement, le Costarmoricain Pierre Lec'hvien a dressé la liste des revendications du syndicat : "Les dates d'épandage devraient être sous la responsabilité des agriculteurs ; la possibilité d'épandage de fumier avant céréales devrait être autorisée ; les cannes de maïs doivent pouvoir servir de couvert hivernal, etc.". Autant d'interdictions qui doivent être levées selon le syndicat qui milite pour "un bilan azote réel et non un bilan politiquement correct".
"Nous demandons une étude concrète afin d'obtenir des chiffres actualisés de la production d'azote par exploitation et la révision des cantons en Zes tenant compte de la forte baisse des effectifs de volaille, porc et bovins", réclame pour sa part Bruno Demeuré, président départemental de la CR.
Quant au dossier des Bassins versants, il est jugé "inacceptable" par la Coordination. "Il faut arrêter de parler de normes Corpen qui représentent de l'azote virtuel qui n'a jamais pollué", insiste P. Lec'hvien qui veut également privilégier "la notion d'azote valorisable plutôt que d'azote total, étant donné que le plan prévisionnel de fumure impose déjà la prise en compte des arrière-effets et des déjections animales. Pourquoi faut-il compter deux fois ?".
Autrement dit, la CR s'élève tous azimuts contre une réglementation toujours en mouvement. "La réglementation existante suffit. Il suffit de l'appliquer plutôt que toujours imaginer d'autres réglementations qui ne reposent sur rien", conclut B. Demeuré craignant que les "140 unités d'azote des bassins versants soient à terme appliquées sur l'ensemble du territoire alors que les Pays-bas sont à 250 u/ha et la Belgique à 350 u/ha".
Didier Le Du
Photo : Bruno Demeuré, président de la CR 29.