
E n 2007, les surfaces de lupin ont été estimées à 6 000-6 500 ha, la grande majorité étant située dans l'Ouest (Poitou-Charente, Pays de la Loire et Sud Bretagne). La répartition lupin d'hiver-lupin de printemps serait respectivement de 35 à 40 % pour les semis d'automne et de 60 à 65 % pour les semis de printemps.
L'apport de protéines
En 2007, la récolte n'a pas été fameuse. Des attaques inhabituelles de sclérotinia ont pénalisé la formation de gousses de la tige principale et desséché la plante à maturité. Les pluies de juin à août ont occasionné la verse des cultures et le salissement des parcelles. En été, le déficit de température a entraîné des récoltes tardives. Les humidités de récolte sont restées élevées. Deux variétés (Luxe et Lutteur) ont été récoltées à 40 % d'humidité en Bretagne. Les rendements en culture ont été décevants, de l'ordre 20-25q/ha.
Pourtant, la graine de lupin dispose de nombreux atouts : en alimentation animale, elle contribue à réduire notre déficit en protéines végétales. Grâce à un excellent profil, la graine intéresse les industriels de l'alimentation humaine (boulangerie, viennoiserie). Après séparation de ses constituants, le lupin peut aussi trouver des débouchés non alimentaires, pour les biomatériaux, la pharmacie, la cosmétique.
Une bonne préparation de sol
La réussite de l'implantation du lupin conditionne le rendement de la culture. En effet, le bon fonctionnement de la plante passe par un développement important de son système racinaire, bien fourni en nodosités. Il est crucial de réaliser la préparation et le semis en sol bien ressuyé, pour éviter tout risque de tassement et obtenir un horizon de surface souple et bien aéré dans les 20 premiers centimètres du sol et sans semelle dans les 40-50 cm
En lupin de printemps, la période de semis recommandée se situe entre la mi-février et le début mars, avec des semences de qualité, traitées contre les fontes de semis et l'anthracnose. En limon profond et bien préparé, on sèmera de 40 à 45 grains/m2 et en terre moyennement profonde et/ou en préparation grossière, de 50 à 55 grains/m2 . La profondeur de semis sera de 2 à 3 cm.
Un désherbage de pré-levée
Le désherbage de la culture doit se faire impérativement en post-semis prélevée, recommande Arvalis. Deux produits sont autorisés.
- Centium 36 CS (0,3 L/ha) est efficace sur gaillet mais insuffisant sur pensées et véroniques feuilles de lierre et de perse. C'est un produit de pré-levée stricte.
- Cent 7 (0,8L/ha) est efficace sur les crucifères, pensées, véroniques mais très insuffisant sur les renouées persicaires et des oiseaux. Ce produit peut être utilisé en pré-levée ou en post-levée (0,8L/ha dans les 2 cas) ou en programme de traitement : post-semis, prélevée à 0,6 L/ha puis post-levée à 0,4 L/ha, au stade 2 à 4 feuilles du lupin, avec des mauvaises herbes en cours de germination ou au stade cotylédons.
L'association des 2 produits en post-semis prélevée est possible et recommandée par Arvalis, en cas de forte infestation de gaillet et ou de crucifères, à la dose homologuée de chacun des produits. En programme de traitement, l'institut préconise, en post-semis prélevée, Centium 36 CS (0,25 L/ha) + Cent 7 (0,6L/ha) et en post levée Cent 7 (0,4L/ha).
Patrick Bégos
Photo : Le lupin de printemps demande un sol bien aéré pour que le système racinaire et les nodosités se développent et puissent assurer un rendement satisfaisant de la plante.