Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
Porc / Le bio par passion - Véronique Bleuzen a un élevage de 30 truies
 
I nstallée depuis une dizaine d'années à Scaër dans le sud du Finistère, Véronique est à la tête d'un élevage naisseur-engraisseur d'une trentaine de truies. "Je voulais être autonome et produire l'aliment sur l'exploitation" déclare-t-elle. "La production de porcs label nécessitait l'achat d'aliment et l'élevage industriel ne m'intéressait pas". Les 63 hectares de l'exploitation sont donc en bio et fournissent la majeure partie de l'alimentation des truies et des charcutiers. "Les truies sont nourries à sec et les charcutiers à la soupe". 40 hectares de mélange céréalier (triticale-féverolle-pois) et 6 hectares de maïs sont implantés chaque année. "Les rendements de mélange sont de 3 à 4 tonnes par hectare et le maïs de 7 tonnes environ". Le reste de l'assolement est partagé entre blé noir et prairies consacrées au parcours des truies et à l'élevage d'une trentaine de brebis. Neuf mille litres de babeurre sont achetés dans une laiterie voisine chaque semaine pour compléter les rations. Même si le cahier des charges ne l'impose pas, le naissage est en plein air. "Je n'avais pas les bâtiments au départ pour faire des maternités". Le sevrage est effectué à six semaines. 18 à 19 porcs sont produits par truie et par an. L'indice de consommation est, de l'aveu même de l'éleveur, très élevé.

20% de la production en vente directe

"Les premières années ont été difficiles" reconnaît Véronique. "Je n'avais pas suffisamment de surface et je devais vendre des porcelets". Depuis 2003, l'exploitation s'est agrandie. "Mon mari est salarié à mi-temps sur l'exploitation et un porcher a été embauché pour s'occuper de l'élevage". Des bâtiments ont été réaménagés et tous les porcs sont désormais élevés sur place. "Les résultats se sont stabilisés et je retire un revenu annuel de 15 000 à 20 000 euros".
Véronique regrette de devoir consacrer la majeure partie de son temps à la commercialisation. 80% des produits sont vendus à Bretagne Viande Bio et 20% sont vendus en direct. "Pour la vente directe, nous nous sommes groupés avec des voisins qui produisent également en bio. Ils produisent du lait, de la viande bovine et des volailles. Nous avons investi dans du matériel de vente". La gamme de produits proposée est donc très large. Le gain de temps est appréciable. "Nous nous répartissons les marchés du secteur. Le système permet de vendre plus en consacrant deux fois moins de temps à la vente". Un marché à la ferme, chez Véronique, est organisé tous les mercredis soir. Un maraîcher et un producteur de pain se sont joints à eux et apportent également leurs produits. Le kilo de viande de porc est vendu 3,40 euros. "Difficile d'augmenter ce prix sous peine de perdre de la clientèle" déplore-t-elle. Une production déjà réservée à une clientèle aisée.

Bernard Laurent

Photo : Véronique Bleuzen (au micro), Philippe Le Bot (producteur de lait) et Véronique Marchesseau (viande bovine) ont témoigné devant une trentaine de producteurs bio à Kerguehennec. 


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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 15 Février 2008
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