
S pectaculaire mais heureusement peu fréquente, la maladie de la hyène, qui a pour particularité d'entraîner une déformation de l'allure générale des bovins atteints, restait jusqu'à présent inexpliquée. Le mystère touche à sa fin et l'on sait désormais que son apparition résulte d'apports exagérés de vitamine A dans le jeune âge de l'animal. Ses apports excessifs transforment en os les cartilages de conjugaison, qui sont chargés d'assurer la croissance des os longs. Cette dernière s'en trouve donc bloquée.
En conséquence, les GDS insistent sur le nécessaire respect des doses de vitamine A à attribuer aux animaux. "Les éleveurs peuvent désormais éviter que la maladie n'apparaisse en faisant attention aux injections de vitamines, trop souvent considérées comme anodines", souligne Gérard Argenté, vétérinaire au GDS 22. En pratique, il faut suivre les normes d’apport de concentrés et de compléments minéraux. La vitamine A est présente dans les fourrages verts et les foins sous forme de carotène. Seuls les animaux nourris essentiellement avec des ensilages présentent donc des risques de carence. "En conséquence, les apports de vitamines en charge orale ou par voie injectable doivent être proscrits en dehors d’une prescription claire du vétérinaire, spécialement pour les jeunes bovins en croissance. Il ne faut plus agir comme si les vitamines étaient un dopant qui ne peut pas faire de mal !" insiste Gérard Argenté.
Pas de traitement
La prévention est d'autant plus importante qu'aucun traitement n'existe pour contrer cette maladie incurable. Jusqu'à présent, sur le département des Côtes d'Armor, elle se rencontrait chez environ 10 à 30 jeunes bovins par an. Si ces cas étaient souvent isolés, des contaminations de classes d'âge entières ont aussi été recensées, les conduisant directement à la réforme. Dans les Côtes d'Armor, ces cas collectifs ont entraîné, dans les années 80, la mise en place d'une indemnisation de la part du GDS, qui sera remise en cause compte tenu de la découverte de l'origine de la maladie et de son caractère désormais évitable.
La maladie de la hyène est à suspecter chez un bovin lorsqu'il commence à présenter, au-delà de six mois, un développement osseux de l'arrière-train insuffisant. La ligne du dos devient progressivement oblique, d'où le terme de maladie de la hyène. La maladie déforme d’autant plus le corps du bovin que l’excès de vitamine est administré précocement. Enfin, chez le bovin atteint, les tibias sont généralement plus petits que la normale.
Anne-Laure Lussou
Source : GDS 22
Photo : Le bovin atteint prend progressivement l'allure de la hyène.