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Sommaire | " POLITIQUE AGRICOLE " | Article n°8078 |
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Bilan de santé de la PAC / Une position régionale - Oui à la régionalisation et au découplage total
 
Un séminaire du CAR* spécifique au « Bilan de santé de la PAC » s’est tenu jeudi et vendredi dernier à Mur de Bretagne visant à prendre une position commune à l’ensemble des organisations régionales.  Rappelons que le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, a aussi demandé officiellement aux Chambres départementales d’Agriculture de se positionner sur le sujet. Une session élargie dans les 4 chambres doit se prononcer au cours de cette semaine.
De fait, un positionnement du CAR avant les Chambres peut surprendre. Et il n’est pas certain qu’elles adoptent exactement la même stratégie. Il est notamment avéré qu’en Côtes d’Armor, les responsables souhaiteraient aller plus loin dans les propositions. Son président, Olivier Allain, s’est déjà exprimé pour une modulation plus élevée, le plafonnement des aides… Il imagine un dispositif visant notamment à disposer de fonds pour les secteurs en difficulté.
La position exprimée par le CAR par la voix de son président, Laurent Kerlir, se montre plus prudente et s’arrête aux grands principes concernant les outils de gestion des marchés, le régime de paiement unique, les quotas laitiers. Les propositions concrètes viendront sans doute plus tard. « Nous poursuivons notre réflexion ».

Garder le maximum d’aides

Ainsi, le CAR réaffirme avec force la nécessité du maintien voire du renforcement des outils de gestion de marchés. « L’Union européenne ne doit pas se couper de son agriculture », insiste Jacques Jaouen, le président de la Chambre régionale. Il réclame en outre la mise en œuvre d’outils de veille qui permettent d’anticiper et d’intervenir au moment le plus pertinent. « De nouveaux outils pour répondre au nouveau contexte et aux nouveaux enjeux ». Les outils de gestion de risques seraient aussi à envisager.
Plus polémique, le régime de paiement unique. La Bretagne argumente sur le niveau de DPU faible par actif pour demander le maintien du volume d’aides à l’échelle d’une grande région Ouest qui engloberait outre la Bretagne, les Pays de la Loire et la Basse-Normandie. Un oui à la régionalisation ainsi qu’au découplage total mais pas à  la mutualisation, du moins pas pour le moment. « On en discutera à l’horizon 2013 ». Le CAR reste donc fidèle à la référence historique dans l’immédiat. Sachant toutefois qu’il faudra trouver un mécanisme pour doter certains hectares admissibles de DPU (légumes). « Les réserves départementales et les DPU issus des surfaces perdues au profit de l’urbanisme doivent  le permettre », notent les responsables  bretons.
Sur le dossier des quotas laitiers, là non  plus pas de précipitation. « Nous ne souhaitons pas anticiper la sortie du régime des quotas avant 2015 ». Et surtout, ils ne voient pas un système totalement livré au marché. « Nous devons réfléchir à de nouveaux outils de régulation de l’offre ». Toutefois, pour pouvoir répondre aux opportunités du marché un assouplissement du système actuel leur paraît nécessaire, sans pour autant tomber dans une augmentation annuelle arbitraire et systématique.

Pas trop s’exposer

En se limitant à des positions de principe, les responsables bretons semblent ne pas vouloir trop s’exposer dans un débat qui s’annonce encore âpre. C’est ainsi qu’ils craignent qu’une augmentation de la modulation au-delà des 5%, ou encore l’application de l’article 69 qui permet un prélèvement jusqu’à 10 % des aides directes de référence pour les réaffecter fassent que la Région soit perdante. « Un euro qui va sur le 2e pilier, c’est un euro qui ira plus sûrement vers les PECO ou vers le rural, pas forcément vers l’agriculture », s’inquiète Laurent Kerlir.
Au final, les responsables réaffirment que la réflexion se poursuit. Ils entendent notamment en débattre avec le Conseil régional. « Nous serons audités par  la Commission économique courant février et auront une rencontre plus politique ensuite ». Sans oublier la perspective du Congrès de la FNSEA à Nantes, début avril ; il est certain que la position de l’Ouest sera particulièrement attendue.

Pierre Dénès


*Le CAR rassemble les syndicats  majoritaires (FDSEA - Jeunes Agriculteurs), les Chambres d’agriculture, la coopération, le Crédit agricole, la mutualité (Groupama, MSA) et quelques invités comme le Cérafel, l’ABEA (association bretonne des entreprises agroalimentaires), l’Union des groupements.

Photo : De gauche à droite : Jacques Jaouen, président de la Chambre régionale, Frank Pellerin, président des Jeunes Agriculteurs, Laurent Kerlir, président de la FRSEA et du CAR, Jean-Yves Tessier, président de la Fédération Groupama Bretagne 35. 


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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 15 Février 2008
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