
Le Plonéis d'aujourd'hui n'a plus grand chose à voir avec le Plonéis d'hier. Située à 8 petits km de Quimper, la commune de 2000 ha a vu affluer 600 habitants depuis 1999, alors qu'elle n'en comptait à l'époque que 1400. Avec 100 habitants de plus chaque année, elle enregistre la plus forte progression de population de toute la communauté de communes. Conjointement à cet afflux, une série de commerces a fleuri au centre bourg, du salon de coiffure à la pharmacie en passant par une grande surface. En 2007, un important projet a également abouti avec la mise en fonction d'un complexe sportif et culturel de 3 500 m2. Bref, Plonéis est une petite ville à la campagne avec à sa tête, depuis 13 ans, un maire agriculteur (à la retraite depuis peu), Pierre Le Berre.
Les mêmes qualités requises
"Quand on est agriculteur, on est entrepreneur, donc forcément habitué à prévoir. Il nous faut aussi être toujours à l'écoute du temps. Mon expérience d'agriculteur m'aide donc dans ma fonction de maire, notamment pour la gestion prévisionnelle. Et le bon sens paysan permet de répondre à beaucoup de questions !", lance celui qui n'a pas hésité à s'engager, dès l'année qui a suivi son installation, en 77, au sein de l'équipe municipale en tant qu'adjoint. Plus tard, d'autres fonctions notamment au sein des Maisons familiales et rurales l'éloigneront de la mairie. Mais ce ne sera que pour mieux revenir, en 1995, en tant que maire cette fois. Depuis 2001, l'agriculteur a embauché un salarié à 2/3 temps sur son exploitation, où exerce également son épouse, afin de palier ses absences.
Une mission qui s'inscrit dans la durée
Le développement de leur commune, les membres de l'équipe municipale l'ont voulu par étapes successives. "Nous avons mis 13 ans à aboutir au résultat actuel, insiste le maire. L'évolution d'une commune se fait sur le long terme." Premier objectif, désormais atteint : avoir une taille suffisante pour attirer des commerces et apporter un certain confort, sur place, à la population. Aujourd'hui, Plonéis passe un nouveau cap. L'objectif est de garder ces commerces et d'ajuster le développement communal à la capacité d'accueil scolaire, qui nécessite 30 naissances par an, comme actuellement.
Ce développement, impliquant la construction de lotissements, a changé le visage de la commune. Il a fallu attribuer des terres agricoles à l'urbanisation, un sujet plus que délicat pour un maire agriculteur, surtout quand le thème de l'eau s'en mêle. Il est ainsi arrivé à Pierre Le Berre de devoir accompagner le changement de siège de l'une des exploitations de sa commune, décidé par Quimper dans le cadre de la protection de sa ressource en eau, en 2001. Plonéis fournit en effet Quimper en eau, ce qui entraîne le gel de 130 ha en périmètre A. La commune comprend également une station de pompage du syndicat de l'eau de Pen ar Goyen, qui planche à son tour actuellement sur la protection de la ressource en eau.
Le développement se poursuit
L'avenir, avec la mise en service du contournement Nord-Ouest de Quimper, risque de voir se renouveler des cas de changement de sièges d'exploitation, l'arrivée de nouvelles entreprises étant probable. "Il faudra peut-être travailler sur des échanges de foncier. En tous les cas, nous devons prévoir les choses bien en amont et avec beaucoup de dialogue", insiste le premier magistrat de la commune. Avant de pointer du doigt, au passage, le besoin de voir de nouveaux représentants du monde agricole s'investir dans la vie municipale. "Si demain, nous voulons défendre l'agriculture, qui pourra mieux le faire que les agriculteurs ? Notamment dans le cas des dossiers de demande d'installation, c'est fondamental."
Anne-Laure Lussou
Photo : Pierre Le Berre est le premier magistrat de sa commune depuis 95. Installé sur son exploitation en 75, il est entré dans l'équipe municipale dès 77.