
L e but est de pallier au manque de main d'œuvre saisonnière dans les serres maraîchères, en attirant des personnes extérieures au milieu agricole. 300 à 400 postes saisonniers sont à pourvoir de Lannion à Plouha", expliquent les maraîchers. "Nous proposons des emplois de proximité, avec des horaires fixes".
La formation est ouverte à tous les profils. Les candidats passent, via l'ANPE, un entretien de motivation et un test d'aptitude par simulation. Cela permet de voir si la personne est capable de respecter des consignes, de les répéter et de rester concentrée. Le test permet aussi de déceler les problèmes physiques ou de vision des couleurs. "Pendant la formation, les personnes sont rémunérées soit par l'Assédic, soit au travers de l'APR (Action préalable au recrutement). En fin de formation (début avril), ils décrochent un CDD de 6 mois au minimum", expliquent les agents de l'ANPE de Lannion et Guingamp.
Une vision plus large
Encadrée par l'Iréo de Lesneven, la formation comprend deux semaines en salle (cours en biologie végétale, économie et communica- tion dans une serre…) et deux semaines en serres. Des producteurs formateurs habilités enseignent différentes techniques : conduite de culture, suivi sanitaire, récolte, ergonomie… "Cette formation nous permet de gagner du temps en début de campagne. Et les stagiaires sont plus fidèles que les personnes qui arrivent sans formation. Ils ont par ailleurs une vision plus large du métier, ils sont davantage sensibilisés à la qualité par exemple", notent les producteurs.
"Les demandeurs d'emploi (souvent au chômage depuis plus d'un an) se sentent sécurisés, ils intègrent progressivement le métier", note Paul Lavanant de l'Ireo (Lesneven - 29). En 2008, la formation devrait concerner une soixantaine de personnes (46 l'an passé). Autre intérêt de l'opération : 50 à 60% des gens formés retournent faire une saison l'année d'après.
Agnès Cussonneau
En 2008, l'ANPE met en place une formation qualifiante pour les salariés en maraîchage de plein champ, de mars à septembre.
photo : François Pitre, salarié, 45 ans, vient du secteur de l'hôtellerie. "Le travail dans les serres n'est pas trop dur physiquement. Et on s'adapte à la chaleur".