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DIVERSIFICATION / Recherche producteurs de sapins de Noël : Une filière est née
 

En 10 ans, le marché du sapin de Noël a connu une véritable révolution. Avant 2000, l'épicea commun régnait aux côtés des crèches de fin d'année. "Cette espèce résistante au froid et facile à produire provenait du Morvan, des Vosges, du Jura… Des importations de Belgique, des pays de l'Est, de Scandinavie arrivaient également sur le marché français. Un marché qui représente 5,3 millions de sapins et un chiffre d'affaires de 113 millions d'euros", situe Loïc Le Calvez, président directeur général de la SAS Floval, qui commercialise des produits forestiers.

Ne perd pas ses aiguilles

Non satisfait de l'épicea qui perdait ses aiguilles, le consommateur s'est progressivement orienté vers une autre espèce : le Nordmann, qui présente plusieurs avantages. Ses aiguilles ne tombent pas, sont plus douces et longues, sa couleur est vert sombre… "En 2006, l'épicea ne représentait plus que 40% des sapins vendus contre 60% pour le Nordmann. En valeur, les parts atteignent respectivement 30% et 70%, du fait d'un meilleur prix de vente pour le Nordmann (25 euros en moyenne)", chiffre Daniel Lebon, de la Chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine.
Dans sa pépinière, Loïc Le Calvez produit également 25 000 sapins de Noël par an environ. Mais sa propre production ne couvre pas l'ensemble des débouchés de Floval, qui atteignent actuellement 100 000 sapins par an. Et l'objectif de vente est de 350 000 pièces sous six ans. "Je suis obligé d'importer des sapins des pays scandinaves, alors que la douceur du climat breton est tout à fait propice à la production du Nordmann, qui craint les températures très basses (-15/-25°C). Des Danois, des Belges viennent s'installer en Bretagne, en Normandie pour produire du sapin de Noël de qualité, destiné notamment au marché anglais".

Un appui technique

Visant la mise en place d'une filière de production, une association baptisée "Le sapin Nordmann de Bretagne" a vu le jour le 24 janvier au siège de l'entreprise Floval à La Bouëxière (35). Elle est constituée de "trois collèges qui ont chacun leur mot à dire" : les producteurs (au nombre de six pour le moment), un fournisseur de plants de qualité (Torben Sommer-Larsen, un Danois) et le distributeur Floval.
"Je propose d'apporter mon savoir-faire technique gratuitement, sous réserve d'un engagement de 15 ans (soit deux cycles de production pour le Nordmann) et de la commercialisation de l'ensemble de la production via Floval. Les prix d'achat aux producteurs seront indexés en fonction des cours du marché", détaille Loïc Le Calvez. L'appui technique est aussi réalisé par Torben Sommer-Larsen, qui est également producteur de sapins au Danemark, pays leader européen.
La filière "Sapin Nordmann de Bretagne" entend assurer une garantie de débouchés et de prix aux producteurs. Pour le distributeur, elle apporte une garantie d'approvisionnement et de qualité, ainsi qu'un meilleur positionnement commercial. "Artisanale et simpliste dans les années 1980-90, la culture de sapins de Noël s'est professionnalisée sous l'impulsion du consommateur et de la grande distribution qui demande des produits packagés, avec Gencod, une aide à la vente…", précise Loïc Le Calvez. Une Cuma sur le matériel (plantation, taille…) pourrait aussi être créée, avec l'opportunité de subventions.
"Nous recherchons des producteurs qui pourraient consacrer 5 à 20% - ou plus - de leur SAU à la production de sapins de Noël. L'objectif est d'atteindre 400 ha de production dans quelques années. L'investissement est certes important la première année, mais au final, la culture est rentable : la marge brute se situe autour de 2 500 euros/an". Un chiffre qui donne à réfléchir, même dans un contexte où le prix des céréales reste élevé.

Agnès Cussonneau


Peu de main-d'œuvre

•La culture de sapins demande peu de main d'œuvre, sans travaux d'urgence. Environ 8 500 sapins sont plantés par ha. Les terrains doivent être légers et filtrants et une exposition au Nord est préférable. "Les deux premières années, c'est surtout du désherbage. La troisième année, une opération manuelle est réalisée sur les branches pour éviter le tallage. La quatrième année, c'est l'explosion végétative. Il faut empêcher l'arbre de trop pousser en hauteur. Les récoltes commencent la 5ème année : enlever une partie des arbres permet d'éclaircir les cultures. Les autres récoltes se font les 6ème et 7ème années", précise Gwénolé Guinel, responsable des cultures de l'entreprise Le Calvez. En Bretagne, le taux de commercialisation est de 70%. Une marge de progrès existe quand on compare aux 90 à 95% danois.

•La production de sapins en pots représente une segmentation possible pour la Bretagne, pour vendre sur le marché russe notamment. Le "Sapin Nordmann de Bretagne" souhaiterait rejoindre la démarche "Produit en Bretagne".

 

>>>>> Contact
Daniel Lebon, Chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine au
02 23 48 28 10.

 

Légende : De gauche à droite : Daniel Lebon (Chambre d'agriculture 35), Gwénolé Guinel (qui souhaite s'installer), Loïc Le Calvez, Brieuc de Kersabiec (producteur) et Torben Sommer-Larsen (producteur danois). 


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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 8 Février 2008
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