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COLZA / Les apports d'azote : Raisonner la fertilisation de printemps
 
Dans beaucoup d'exploitations ayant un élevage hors-sol, dans les trois semaines à 1 mois suivant le semis, le colza reçoit 30 à 35 m3 de lisier de porc. À ce stade du colza (4 feuilles), les dégâts liés à l'épandage sont quasiment nuls sur la culture. Avec cette fertilisation et des conditions de température douces à l'automne, le colza peut développer une biomasse importante.
En estimant le potentiel de rendement de la parcelle et en mesurant la quantité de matières vertes produite par la culture à la sortie de l'hiver, on peut calculer au plus près les besoins et les apports complémentaires en azote minéral. En effet, l'importante quantité d'azote disponible à l'automne, après épandage des fumiers et lisiers, permet d'atteindre à l'entrée de l'hiver 2 à 3 kg de matières vertes, qui correspondent à des absorptions de 130 à 200 kg/ha d'azote.

Ajuster en fonction de la biomasse

Le besoin du colza est estimé entre 6,5 et 7 kg d'azote par quintal de graine produit. Pour un objectif de rendement de 35 q/ha, les besoins totaux de la plante seront de 230 à 245 unités/ha. Si le colza a déjà absorbé 130 à 200 kg, à l'automne, le besoin de fertilisation complémentaire sera très faible au printemps.
L'ajustement de la fertilisation offre quelques avantages. Il limite les charges d'engrais, prévient les risques de verse et de dépréciation de la teneur en huile. Une sur-fertilisation de 50 kg/ha entraîne un risque de perte de 0,5 point d'huile et un surcoût de 30 euros/ha ainsi qu'une consommation d'énergie fossile inutile. La fertilisation azotée doit se raisonner à partir du développement végétatif du colza de printemps.

La réglette colza

La réglette colza du Cetiom estime la quantité d'azote à apporter au printemps à partir de la pesée de la matière verte sur quelques placettes de 1 à 2 m2. L'azote absorbé par le colza est estimé à 65 fois la masse de colza obtenue. À partir de cette masse moyenne et de la réglette "azote colza", on obtient rapidement la dose d'azote minéral à apporter.
Les besoins journaliers du colza en soufre, au cours de la montaison, sont importants. Les effluents d'élevage contiennent en moyenne 2 à 3 kg de soufre par tonne. Les besoins sont alors couverts par les apports. Plus l'hiver est pluvieux, plus le soufre est lessivé et le rendement peut être altéré. Ceci ne concerne que les hivers où la pluviométrie est supérieure à 350 mm pendant les 4 mois d'hiver. Dans les autres cas, aucun apport supplémentaire de soufre n'est à effectuer.

Patrick Bégos

 

Légende : L'ajustement de la fertilisation permet de prévenir les risques de verse de la culture de colza et de baisse de la teneur en huile.


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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 8 Février 2008
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