La lutte entre les surfaces dédiées aux agrocarburants et les surfaces herbagées pour les ruminants pourrait donc se durcir, particulièrement en France. L’étude reprend des données de l’Office national interprofessionnel des grandes cultures (ONIGC). Celui-ci estime que pour remplir l’objectif de 7 % de carburants verts d’ici 2010, il faudra mobiliser au total 1,780 million d’ha. L’ONIGC estime en réalité qu’il ne faudra mobiliser que 310 000 hectares supplémentaires, en tenant compte des surfaces actuellement utilisées pour les agrocarburants et en supprimant les exportations de colza. Un chiffre que l’Institut de l’élevage juge « pour le moins discutable ». « Cette minimisation de l’impact des agrocarburants sur les surfaces à mobiliser ne peut que renforcer la fixation d’objectifs de plus en plus ambitieux... », estime l’institut technique.
Pas au Danemark
« Certains pays, comme le Danemark, bien que disposant d’un fort pourcentage de terres labourables, ont décidé de ne pas développer les agrocarburants pour ne pas pénaliser leurs filières animales », souligne l’étude. Parallèlement, « l’Europe s’enfonce dans un déficit croissant pour ces productions de viande issues de ruminants et des systèmes valorisateurs d’herbe et de fourrages grossiers », rappelle l’Institut de l’élevage, qui craint que la compétition avec les agrocarburants n’arrange pas le phénomène. « À l’exception du Brésil, grâce à sa superficie, aucun pays ne pourra fabriquer une part suffisante d’agrocarburants pour assurer son autonomie et s’abstraire des cours du pétrole », estime l’Institut de l’élevage.
L’étude prône plutôt le développement des agrocarburants de deuxième génération, notamment en France. L’utilisation de la plante entière permettrait de s’abstraire plus facilement du pétrole en ayant un meilleur bilan écologique. Point positif cependant des agrocarburants de 1ere génération: « une plus grande disponibilité en tourteau de colza qui devrait contenir la hausse des prix des protéines en général et en particulier celui du tourteau de soja auquel il se substituera ».
Légende : Le Danemark, bien que disposant de terres labourables, a décidé de ne pas développer les agrocarburants pour ne pas pénaliser les filières animales