
Créé en 2003, le Relais médiation a fait preuve de son efficacité en atténuant ou en résolvant nombre de situations conflictuelles dans les sociétés agricoles du Morbihan. Une majorité d'agriculteurs ne connaissent pourtant pas son existence. Malgré le manque relatif de connaissance du service, le succès est bien présent. "Depuis septembre 2007, sept médiations ont été réalisées" déclare Sylvie Robin, présidente de la commission relations humaines de la Chambre d'agriculture. "On imagine les besoins…".
Ces besoins sont effectivement importants, en raison, bien souvent, d'un manque de prévention. "La formation est le premier outil pour prévenir les conflits" poursuit Sylvie Robin. "Elle devra être de plus en plus partie prenante du parcours à l'installation". Les jeunes sont désormais fortement incités à se former aux relations humaines avec leurs associés. "Les agriculteurs déjà installés peuvent aussi suivre des formations existantes sur le sujet, dispensées par la Chambre d'agriculture".
Intervenir le plus tôt possible en amont.
"L'intervention se fait souvent trop tardivement, à un stade où la situation conflictuelle est fortement dégradée" déplore Pierre Tassé, agriculteur en retraite, aujourd'hui médiateur. Une prise en charge rapide du problème est pourtant, selon lui, un gage de succès de la médiation. Comment s'y prendre pour sensibiliser les associés à l'intérêt d'une telle démarche? "Les partenaires ont un rôle à jouer" affirme Sylvie Robin. "Les intervenants comme les comptables, les banquiers ou encore les contrôleurs laitiers peuvent inciter les agriculteurs à contacter les services du Relais médiation. Ils sont souvent au courant des situations conflictuelles". Les efforts de communication vers ces partenaires semblent porter leurs fruits. Contrairement aux agriculteurs eux-mêmes, une très grande majorité des intervenants en exploitation connaissent le service.
Les responsables du Relais insistent sur la nécessité pour les associés de consacrer un temps à la communication au sein de l'entreprise. "L'assemblée générale ne doit pas se résumer à une discussion économique et financière. Elle doit aussi être l'occasion de parler de ce qui ne va pas en terme de relations au sein de la société".
500 euros pour une médiation
Le manque de connaissance du service n'est pas le seul frein au développement de la médiation. Les associés appréhendent souvent l'intervention d'une tierce personne. L'accord de tous les membres de la société n'est pas facile à obtenir. Enfin, dans le cas de sociétés familiales, il est souvent jugé préférable de "laver le linge sale" en famille. Le coût de la médiation n'est, quant à lui, pas vraiment un obstacle. Il est fonction du temps passé. En moyenne, le service est facturé 500 euros.
Bernard Laurent
Photo : De gauche à droite: Sylvie Robin, présidente de la commission relations humaines à la Chambre d'agriculture et Marie Claire Piel, conseillère en relations humaines.