
Le stockage privé et le soutien financier de la filière ne suffisent pas. A l'initiative des JA, la profession a interpellé le préfet pour obtenir des aides directes. "Face à la situation de crise, qui affecte l'ensemble des élevages et notamment les plus jeunes, nous demandons le versement d'une aide directe à la trésorerie" déclare Jean Marie Minguam, président des JA. La profession demande une enveloppe pour répondre aux besoins des éleveurs. 5000 à 7500 euros d'aide d'urgence permettraient de soulager les trésoreries. Cette aide d'urgence est l'une des quatre revendications de la profession. "Les besoins du département en aide FAC, pour la prise en charge d'intérêts de certains prêts, sont de 1,5 millions d'euros" poursuit Jean Marie Minguam "Or ne nous ne disposons, à ce jour, que de 300 000 euros". Une enveloppe complémentaire de fonds d'allègement des charges est instamment demandée. La prise en charge des cotisations MSA est également une des mesures préconisées par la profession pour sortir certaines exploitations de l'impasse. "Nous demandons le soutien de l'État" déclare Marie France Marchal, présidente de la MSA du Finistère. "250 plans de paiement ont déjà été mis en place. Le quart des éleveurs de moins de quarante ans ont demandé des reports de cotisations". Enfin, un plan d'aide à la cessation d'activité est sollicité pour permettre à quelques éleveurs de quitter le métier.
Cellule de crise
En parallèle, une cellule de crise a été constituée. "Il s'agit d'identifier les élevages les plus fragiles et de les accompagner individuellement" déclare Daniel Mazeau, du service économie de la Chambre d'agriculture. Les groupements vont recenser les élevages jugés ou déclarés en difficulté. Les listes de producteurs seront transmises et centralisées à la Chambre d'agriculture. "Les centres comptables auront pour mission de réaliser un diagnostic technico-économique et d'organiser une table ronde avec tous les partenaires de l'exploitation" poursuit Daniel Mazeau. "L'objectif sera de définir les modalités d'accompagnement, qu'elles soient financières ou, dans certains cas, humaines".
Bernard Laurent
Photo : Marie France Marchal, André Sergent, Jean Marie Minguam, André Quenet et Jacques Jaouen lors de la conférence de presse organisée à la Chambre d'agriculture