
La conjoncture laitière 2007 a été très favorable du fait de la hausse de la demande mondiale, de la sous-réalisation chronique en Union européenne et de la sécheresse en Australie. Les stocks européens devenus nuls n’ont pas pu compenser la pénurie de matières premières. Conséquences : une envolée des cours et une revalorisation significative du prix du lait à la production qui devrait perdurer au 1e semestre 2008. Après 5 ans de baisse, les recommandations trimestrielles affichent une hausse tout au long de l’année 2007, avec un pic record de 103,7 €/1000 L au 1er trimestre 2008. En réalité, l’augmentation sera plus élevée suite à la suspension de la flexibilité additionnelle (1er juillet dernier). Cette bonne conjoncture laitière aura des répercussions très positives sur les revenus des éleveurs à partir des clôtures du 2ème semestre 2007.
Progression du résultat courant
Le résultat courant est en nette progression : + 3300 €/actif familial pour les clôtures du 1e semestre 2007. Dans ce revenu de 19200 €/actif familial sur le 1e semestre 2007, les aides (primes Pac + DPU + autres subventions) représentent plus de 80%. La progression du résultat courant de 14 €/1000 L s’explique par une hausse de la marge brute globale, une bonne maîtrise des charges de structure. Mais, l’un des facteurs essentiels d’explication réside dans la progression importante du volume livré par exploitation.
Marge globale en hausse
La marge brute de l’atelier bovin chute de près de 50 €/1000 L par rapport à l’exercice précédent pour se situer à 230 €/1000 L. Cette chute s’explique notamment par le basculement des aides découplées vers le DPU et par la nouvelle méthode de comptabilisation des cessions de paille à l’atelier lait (9 €/1000 L). Le prix du lait baisse de 8 € /1000 L par rapport au 1e semestre 2006. La répercussion des recommandations trimestrielles ne sera perceptible qu’ à partir des clôtures du 2ème semestre 2007. En baisse depuis 2 ans, le coût alimentaire repart à la hausse (+1,4 €/1000 L). Le coût des concentrés reste stable. Mais, il risque d’augmenter avec la flambée du prix des matières premières. Alors que les cours des réformes continuent de progresser sur les clôtures du 1e semestre 2007, les prix des veaux de 8 jours affichent une baisse.
Au final, la marge brute globale de l’exploitation progresse de 12 €/1000 L. Elle intègre la totalité des aides découplées (qui ne sont plus comptabilisées dans la marge brute de l’atelier bovin). La hausse de la quantité de lait livrée joue aussi favorablement sur la marge brute globale. Elle évolue de près de 13000 litres par exploitation en 2 ans.
Charges de structure en légère baisse
Les clôtures du 1er semestre 2007 sont marquées par une inversion au niveau des charges de structure. Les charges de structure totales se stabilisent, alors que le volume de lait livré augmente, ce qui aboutit à une baisse des charges de structure de 2.4 € pour 1000 L. L’effet de la mise aux normes tend à se réduire, dans la mesure où les investissements ont été réalisés dans la majorité des exploitations. La rentabilité de l’exploitation laitière s’améliore. L’EBE atteint 189 €/1000 L . Il permet de dégager une marge de sécurité de près de 20 €/1000 L après paiement des annuités et des prélèvements privés. Il faut remonter à 1998 pour retrouver ce niveau de marge de sécurité.
La hausse de la rentabilité se confirmera dans les résultats du 2e semestre 2007. En plus du prix du lait en forte augmentation et de la progression des volumes livrés, les éleveurs laitiers devraient aussi profiter de cours porteurs de la campagne céréalière 2007.
Cette embellie va ouvrir des perspectives aux éleveurs. Il faut toutefois rester vigilant en termes de gestion de trésorerie et, anticiper un possible retournement de tendance sur des marchés de plus en plus volatils.
Geneviève Audebet
CER France Côtes d’Armor
Photo : La bonne conjoncture laitière vient conforter le revenu des éleveurs.