
Depuis l'avènement de l'euro, les familles ont le sentiment que les prix des produits ont augmenté" déclare Maryvonne Tor, membre du conseil d'administration de Familles Rurales du Morbihan. "Pour vérifier ce ressenti, nous avons décidé de créer, au niveau national, notre propre observatoire des prix en janvier 2006". 48 "veilleurs" relèvent ainsi les prix de 34 produits ciblés de grande consommation sur 22 départements français. Trois d'entre officient en Morbihan.
Les ménages modestes pénalisés
L'analyse des prix sur les deux dernières années révèle que les ménages les moins aisés sont, proportionnellement, les plus pénalisés par l'augmentation des prix des produits de base. "L'augmentation est plus importante sur les produits de marque de distributeurs et sur ceux estampillés "premiers prix". ". Dans les magasins de hard-discount, par exemple, le prix moyen du panel "premier prix" a connu une hausse de 3,86% entre 2006 et 2007, bien au-dessus du taux d'inflation. "Or ce sont majoritairement les ménages les moins aisés qui achètent ces produits dans ce type d'enseignes" poursuit Maryvonne Tor. Les prix des produits de grande marque ont moins augmenté car ils ont bénéficié de la loi Dutreil sur les marges arrières même s'ils restent, bien entendu, supérieurs. A panel égal, celui des "premiers prix" est toujours de 42% moins cher que le panel "grandes marques" et 26% au dessous du montant du panel "marques de distributeur".
Il ressort également de l'analyse que le prix moyen a augmenté plus rapidement dans les hypermarchés que dans les supermarchés notamment pour les "premiers prix" et les marques de distributeurs. Familles Rurales a établi un classement des 22 départements passés au crible de l'observatoire. "Le Morbihan est en troisième position dans les départements les moins chers pour le panel de grandes marques et des marques de distributeurs. Il est en quatrième position pour le panel des premiers prix".
Bernard Laurent
Photo : Maryvonne Tor, membre du conseil d'administration de Familles rurales et Sylviane Demesque, bénévole de l'association et "veilleur consommation"