Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°8026 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 01 juin 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Finistère (29)
Endive / La Fédération Nationale lance un cri “d’alarme” - "Les producteurs doivent reprendre les commandes"
 

A l’aube de cette nouvelle année, comment se portent les producteurs d’endives ?

Plutôt mal. Non seulement le nombre des producteurs décroît rapidement d’année en année, mais la production tend elle aussi à décroître. Sur les 10 dernières saisons, seules 2 ou 3 ont permis aux producteurs de dégager un revenu digne de ce nom. Plus grave, il n’y a pratiquement pas eu d’installation de jeunes dans le métier.
Par rapport à des charges qui ne cessent d’augmenter (main-d’œuvre, transport, énergie, emballages), à des contraintes réglementaires de plus en plus lourdes et coûteuses, les prix payés aux producteurs s’érodent continuellement.
Au stade de la production, la réforme de l’organisation commune du marché des fruits et légumes de 1996, avec ses Fonds Opérationnels directement mis à la disposition de chaque OP, n’a pas eu pour effet de renforcer l’organisation économique de la profession endivière, au contraire.

Qu'en est-il au niveau de la consommation ?

L’endive est l’un des rares fruits et légumes dont le prix de détail a significativement baissé depuis l’euro (moins 11 % de 2001 à 2006). Les consommateurs la trouvent plutôt bon marché par rapport aux autres légumes, mais ce n’est pas pour autant qu’ils en achètent plus ! Pourquoi ?
Même en plein hiver, l’endive occupe une place de plus en plus restreinte dans les rayons par rapport à des légumes et salades qui n’y figuraient pas il y a 10 ans. En décembre, alors que les températures froides auraient du «booster» le marché, les prix n’ont pas décollé. On se demande à quoi sert l’important effort de publi-promotion engagé depuis deux ans! De plus, la médiocrité des prix risque de conduire une nouvelle fois les producteurs à vouloir compenser par la productivité au détriment de la qualité (axe, sur maturité, mauvaise tenue …) avec pour conséquences d’accroître encore la désaffection d’une partie du commerce et des consommateurs pour notre produit.

Comment analysez-vous la faible participation des producteurs lors des réunions que vous avez organisées les 19 et 20 décembre dernier dans le Nord et le Pas de Calais ?

Nous pensons que c’est la manière pour beaucoup, la majorité sans doute, d’exprimer leur «ras-le-bol». Ils ont baissé les bras et n'ont plus de vision d’avenir dans leur métier. Trop de déceptions passées les ont rendus attentistes et quelque peu fatalistes.
Cela fait sans doute l’affaire de quelques autres qui ne voient aucun intérêt à dialoguer et essayer de construire avec les autres. Ils s’imaginent vraisemblablement que c’est en continuant à faire le désert autour d’eux qu’ils tireront leur épingle du jeu.
Ce n’est certes pas notre vision et c’est dans ces moments-là que le syndicalisme se doit de tout mettre en œuvre pour «réactiver» les hommes, pour retrouver un élan et secouer la chape qui pèse sur la Profession en la rendant dépendante d’un système de commercialisation qu’elle ne maîtrise plus et qui la broie.
Nous ne nous attendions pas à déplacer les foules pour nos deux premières réunions mais nous recommencerons car il faut convaincre les producteurs qu’ils peuvent et doivent redevenir les acteurs de leur produit. Ils en sont les premiers détenteurs, mais ont oublié le pouvoir que ça leur confère parce qu’ils l’ont délégué à d’autres, dont les intérêts ne se calculent pas de la même manière que pour eux.
S’ils veulent retrouver un avenir, c’est maintenant que les producteurs doivent reprendre les commandes des outils qu’ils ont créés et en redéfinir les missions prioritaires. La réforme de l’Organisation Economique de la filière fruits et légumes française peut nous en donner l’occasion.

Photo : De gauche à droite : Philippe Quillon (vice-président de la FNPE), Daniel Bouquillon (président) et Michel Huchette (vice-président). 


Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 18 au 25 Janvier 2008
Imprimer l'article Imprimer l'article



Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)